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Aï (合)

« Aï »  est le premier des kanjis qui forment Aïkido.  Dans cette catégories, étymologie de cet idéogramme, signification, les termes du vocabulaire de l'aïkido qui contiennent ce kanji.

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samedi 31 octobre 2009

La stratégie du "donnant-donnant"

kanji_AI_ASSEMBLAGE_REUNIR.gifNotre société sublime la compétition, à l'école et ce dès le plus jeune âge l'esprit de compétition est placé comme une valeur indispensable à la réussite, comme le moteur de la vie. Pour éviter que le doute ne s'installe et pour bien enfoncer le clou, le sport de compétition est devenu le roi despotique qui nous indique, nous martèle la direction à suivre : "peu importe la manière, seul compte le résultat". Nous sommes bien loin, comme le déplore Albert Jacquard, du sens initial du mot "sport" - en vieux français "despsorts" - qui signifiait "amusement", c'est à dire jubiler du fonctionnement de son corps pour obtenir de lui plus qu'il ne voulait donner. L'important n'est plus alors de vaincre, d'être pour un instant éphémère meilleur que l'autre; c'est ma progression qui importe : quel est mon point de départ, où en suis je aujourd'hui? Les performances des autres, de mes pseudo concurrents ne sont là que pour m'aider à trouver des solutions et par là me faire progresser. Il ne s'agit plus de compétition mais d'une émulation qui ne pourra prospérer que dans un esprit de coopération.
Vous avez dit Aïkido? En théorie oui, certainement. Le kanji 合 (Aï) qui compose le mot Aïkido recouvre les notions de réunion, harmonie, unir, réunir ses forces, faire des efforts communs, conformité, assortir (...). En réalité, l'aïkido n'échappe pas aux luttes intestines, aux prises de pouvoir et leurs cohortes de coups bas.... Même sur le tatami, qui n'a pas été confronté à un partenaire imbu de lui même rendant par là caduque toute étude d'une technique ou d'un principe?
La coopération entre individus, une utopie? Pas si sûr selon Alexrod qui affirme d'après ses observations que :

  • La coopération et l'entraide peuvent se développer, sans l'intervention d'un pouvoir central, en appliquant la stratégie de réciprocité dite du donnant-donnant , tit for tat en anglais.
  • Cette stratégie de réciprocité peut se développer, résister et prospérer contre d'autres stratégies moins coopératives.

Le jeu du "dilemme du prisonnier" (1) illustre bien le propos. Chaque joueur peut coopérer ou faire cavalier seul et doit faire son choix sans connaître la décision de l'autre. Quoi que fasse l'autre, il est plus payant de faire cavalier seul, mais si tous les 2 font cavaliers seul, au final ils s'en sortent moins bien que s'ils avaient coopéré.

Cette stratégie de coopération ne fonctionne :

  • Que si les individus impliqués sont appelés à se revoir, si le futur est engagé. (la confrontation unique favorise la trahison, pas de retombée par la suite)
  • Que si la stratégie de coopération et de réciprocité est affichée, claire, et par conséquent reconnue et identifiée par tous.


Son principe est :

  • De coopérer par défaut. (il vaut mieux gagner 100 alors que l'autre gagne 200, que de gagner 50 alors que l'autre ne gagnerait que 10.)
  • Dans un deuxième temps répondre de la même manière que l'a fait le concurrent lors de la rencontre précédente (trahir s'il a trahi). C'est le "donnant donnant". Continuer la stratégie de coopération


Robert Alexrod a fait appel à des spécialistes connaissant les stratégies dans les situations à somme non nulle (par exemple gagnant-gagnant), et sachant tenir compte de l'interdépendance des stratégies entre elles et de l'importance de l'historique des coups précédents. Plusieurs tournois informatiques, où s'affrontait par le biais de programmes modélisant différentes stratégies, ont été organisés. Il s'est avéré que les stratégies "bienveillantes" sont arrivées et tête et que "donnant-donnant" l'a emporté pratiquement à chaque fois démontrant sa robustesse.

En conclusion, même si au départ seule une minorité de groupes où d'individus "jouent la stratégie donnant- donnant", il vont se faire une place prépondérante, jusqu’à imposer leur stratégie. Cette coopération n’a pas besoin de coordination centralisée, elle peut s’entretenir elle-même.


(1) 2 hommes sont soupçonnés d'un crime. La police les met dans des cellules séparées et leur propose un marché: si l'un avoue et l'autre pas, celui qui avoue est libéré, et l'autre prend 5 ans de prison, si aucun n'avoue (ils coopèrent entre eux) ils prennent tous les 2 un an, s'ils avouent tous les 2 (ils font cavalier seul), ils prennent 3 ans. Apparemment ils ont intérêt à coopérer entre eux, c'est à dire se taire. Mais que va faire l'autre? Dans ce cas, l'objectif est de prendre le moins de "points" (années de prison) possibles. Axelrod a retourné la règle en émettant des points positifs.

Ressources :

  • Albert JACQUARD : "abécédaire de l'ambiguïté".
  • Robert AXELROD : "Comment réussir dans un monde d'égoïste"

http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/axelrod.
html http://www.lesechos.fr/formations/strategie/articles/article_4_4.htm
http://blog.tcrouzet.com/2007/05/24/le-dilemme-du-prisonnier/

dimanche 22 mars 2009

Kanji « Aï » 合, signification et étymologie.

Le Kanji qui correspond à « Aï » est 合. Sa traduction la plus courante dans le cadre de l’aïkido est harmonie.
Si l’on s’en réfère à un dictionnaire chinois-français, les significations du caractère 合 sont : Idée générale de jonction, d’union – Fermer- Unir, réunir ses forces, faire des efforts communs – conformité, assortir.
Les homonymies de la langue japonaise et chinoise ont été évoquées dans l’article Vocabulaire, terminologie, Culture, tradition et Aïkido. . Le kanji 愛, se prononce également « Aï » et signifie « amour », homonymie avec laquelle le fondateur de l’aïkido à très certainement joué et qui n’est pas restituée dans les traductions de textes ou de citations de Me Ueshiba. Par ailleurs, notre culture nous conduit souvent à associer les deux mots « harmonie » et « amour ».
Etymologiquement « harmonie » vient du grec signifiant proprement arrangement, ajustement, assemblage. Par extension, agencement entre les parties d’un tout, de manière qu’elles concourent à une même fin.

Etymologie de l’idéogramme 合

Kanji Aï ancien La forme ancienne du caractère montre que la partie supérieure ne doit pas être assimilée à un toit, mais qu’elle forme un seul élément graphique avec le trait situé au dessous, formant ainsi un triangle qui évoque un concept d’union, d’assemblage de jonction d’éléments divers. Les textes sémantiques indiquent que trois - les 3 lignes du triangle – est à prendre comme un nombre indéterminé. L’élément situé en partie inférieure « le carré », représente une bouche.
Au final, étymologiquement, plusieurs bouches parlant à l’unisson, renforçant l’idée d’assemblage - comme pourrait l’évoquer une charpente – plusieurs éléments concourant au même objectif.

« Aï » 合 dans le contexte de l’aïkido

L’interprétation évoquée dans l’article précédant « ombres et lumières » - trois éléments du caractère décomposés en « un toit » en partie supérieure, « la bouche » en partie inférieure et « un » en partie médiane – est définitivement hors jeu. Les idéogrammes ont cela de particulier, et de parfois difficile à comprendre pour nos esprits cartésiens, ils laissent une certaine liberté à la compréhension de chacun compte tenu de ses connaissances mais aussi de ce qu’il veut voir ou encore du message qu’il veut faire passer.
« Aï » prend tout son sens lorsqu’il est associé au kanji Ki 氣. Sans anticiper sur la suite, chacun sait que le concept d’énergie recouvre dans la pensée orientale tous les aspects des phénomènes qui nous animent. 合氣 « Aïki », indique donc une mise en synergie de tous ces aspects: énergie musculaire, respiratoire, psychique,…..
Pour finir, on peut noter qu’on retrouve l’idéogramme Aï en médecine traditionnelle chinoise (MTC en abrégé), 合 désigne les points de réunion, huit points où se concentrent et se manifestent des énergies particularisées (énergie des organes, du sang, des muscles et des tendons, des os, ….).

Lien vers les Ressources utilisées.