kanji_ukemi.pngTrès souvent les chutes - sous leur aspect  aérien , envolé, « spectaculaire » - sont évoquées comme un obstacle à la pratique de l'aïkido. Si certaines écoles donnent à la chute à une valeur d'esthétique (que dire ds chutes dites « tampon buvard »!!?) et lui donne une place centrale, pour beaucoup la chute est un dictat inéluctable qui peut conduire de nouveaux pratiquants - lorsqu'ils n'ont pas renoncé à faire le premier pas - à laisser le kimono au fond d'un placard.


Chute, projection : Ukemi 受身. est composé des deux kanji :
受 Uke : recevoir, réceptionner, subir/éprouver
身 Mi : le corps

後受身 Ushi(ro) ukemi : Chute vers l'arrière
前受身 Mae ukemi : Chute vers l'avant


Dans de nombreux dojos le début de l'entraînement est inévitablement ponctué par une séance de chute. S'entraîner à chuter sans partenaire est une situation artificielle, rien ne vaut l'expérimentation en situation avec un partenaire. Cet exercice n'est positif qu'à dose homéopathique, le temps de donner quelques conseils de base. Un cours d'aïkido n'est pas un cours de gymnastique, il reste la possibilité pour ceux qui le souhaite d'enchaîner des séries de chute après le cours
Segmenter la pratique en créant des catégories en proposant des cours pour débutants, pour séniors, ne fait que contourner le problème et appauvrir le pratique. C'est se priver d'une des richesses de l'aïkido : un brassage de population variée (âge, condition physique, milieu social, ….) qui au travers de la pratique met en scène des situations qui ne trouvent d'issues que dans la conciliation des différences

En réalité, l'occurrence de se trouver confronté à une situation qui provoque de manière incontournable une chute avant « roulée » est réduite ( environ 20% des situations). La chute « envolée », spectaculaire ne doit devenir qu'un choix, un moment pour éventuellement se faire plaisir.

Suite dans le prochain article.