Ukemi, les chutes un obstacle à la pratique de l'Aïkido?
Par dmej le dimanche 6 septembre 2009, - WAZA (技) - Lien permanent
Très souvent les chutes - sous leur aspect
aérien , envolé, « spectaculaire » - sont évoquées comme
un obstacle à la pratique de l'aïkido. Si certaines écoles donnent à la chute à
une valeur d'esthétique (que dire ds chutes dites « tampon
buvard »!!?) et lui donne une place centrale, pour beaucoup la chute est
un dictat inéluctable qui peut conduire de nouveaux pratiquants - lorsqu'ils
n'ont pas renoncé à faire le premier pas - à laisser le kimono au fond d'un
placard.
Chute, projection : Ukemi 受身. est composé des deux kanji :
受 Uke : recevoir, réceptionner, subir/éprouver
身 Mi : le corps
後受身 Ushi(ro) ukemi : Chute vers l'arrière
前受身 Mae ukemi : Chute vers l'avant
Dans de nombreux dojos le début de l'entraînement est inévitablement ponctué
par une séance de chute. S'entraîner à chuter sans partenaire est une
situation artificielle, rien ne vaut l'expérimentation en situation
avec un partenaire. Cet exercice n'est positif qu'à dose homéopathique, le
temps de donner quelques conseils de base. Un cours d'aïkido n'est pas un cours
de gymnastique, il reste la possibilité pour ceux qui le souhaite d'enchaîner
des séries de chute après le cours
Segmenter la pratique en créant des catégories en proposant
des cours pour débutants, pour séniors, ne fait que contourner le
problème et appauvrir le pratique. C'est se priver d'une des richesses
de l'aïkido : un brassage de population variée (âge, condition physique,
milieu social, ….) qui au travers de la pratique met en scène des situations
qui ne trouvent d'issues que dans la conciliation des différences
En réalité, l'occurrence de se trouver confronté à une situation qui
provoque de manière incontournable une chute avant « roulée » est
réduite ( environ 20% des situations). La chute « envolée »,
spectaculaire ne doit devenir qu'un choix, un moment pour éventuellement se
faire plaisir.
Suite dans le prochain article.
