AikiAutrement

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dimanche 6 septembre 2009

Ukemi, les chutes un obstacle à la pratique de l'Aïkido?

kanji_ukemi.pngTrès souvent les chutes - sous leur aspect  aérien , envolé, « spectaculaire » - sont évoquées comme un obstacle à la pratique de l'aïkido. Si certaines écoles donnent à la chute à une valeur d'esthétique (que dire ds chutes dites « tampon buvard »!!?) et lui donne une place centrale, pour beaucoup la chute est un dictat inéluctable qui peut conduire de nouveaux pratiquants - lorsqu'ils n'ont pas renoncé à faire le premier pas - à laisser le kimono au fond d'un placard.


Chute, projection : Ukemi 受身. est composé des deux kanji :
受 Uke : recevoir, réceptionner, subir/éprouver
身 Mi : le corps

後受身 Ushi(ro) ukemi : Chute vers l'arrière
前受身 Mae ukemi : Chute vers l'avant


Dans de nombreux dojos le début de l'entraînement est inévitablement ponctué par une séance de chute. S'entraîner à chuter sans partenaire est une situation artificielle, rien ne vaut l'expérimentation en situation avec un partenaire. Cet exercice n'est positif qu'à dose homéopathique, le temps de donner quelques conseils de base. Un cours d'aïkido n'est pas un cours de gymnastique, il reste la possibilité pour ceux qui le souhaite d'enchaîner des séries de chute après le cours
Segmenter la pratique en créant des catégories en proposant des cours pour débutants, pour séniors, ne fait que contourner le problème et appauvrir le pratique. C'est se priver d'une des richesses de l'aïkido : un brassage de population variée (âge, condition physique, milieu social, ….) qui au travers de la pratique met en scène des situations qui ne trouvent d'issues que dans la conciliation des différences

En réalité, l'occurrence de se trouver confronté à une situation qui provoque de manière incontournable une chute avant « roulée » est réduite ( environ 20% des situations). La chute « envolée », spectaculaire ne doit devenir qu'un choix, un moment pour éventuellement se faire plaisir.

Suite dans le prochain article.

dimanche 23 août 2009

Cahier N°1 AIKI-DO 合氣 道

DO_Kanji_ancien.jpgJe vous propose désormais en téléchargement (version PDF imprimable) une série de "cahier" qui reprendra tout ou partie - avec parfois des ajouts - les articles de ce blog.

Pour télécharger le document : en bas de l'article, clic sur "annexe".

Sommaire du cahier n°1

Le point de départ de ce premier cahier c'est les trois caractères合氣 道, kanji ou encore sinogrammes, qui composent «  Aïkido ». Le parcours proposé passe de la signification à l'étymologie, à la graphie des caractères, à leur histoire , à des détours vers la pensée ou des pratiques chinoises anciennes, (Qi Gong, Calligraphie, « Acupuncture ».,..), vers des principes de l'aïkido : Omoté/Ura, Ki no Nagare, …

Format, principe .

L'approche, l'étude et l'apprentissage de l'aïkido dit « traditionnel » n'ont pas la linéarité à laquelle nous sommes habitué. Par nature un art ne peut pas et ne doit pas se laisser enfermer dans des normes. L'idée de base est d'adapter le format écrit à ces caractéristiques : dans ces cahiers, ne cherchez pas des chapitres, sous chapitres et paragraphes numérotés, il n'y en a pas.
Entreprendre l'étude de l'aïkido c'est explorer des strates, n'en retenir et n'en comprendre que des fragments, revenir sur chacune d'elles, qui, comme autant de poupées russes emboitées les unes dans les autres, s'ingénient à nous apporter plus de questions que de réponses. J'ai également choisi de donner une place centrale à la découverte de la langue japonaise – dans sa spécificité d'écriture figurative - pour tenter d'accéder à une culture dans laquelle l'aïkido puise ses origines, culture que nous appréhendons, si nous n'y prenons garde, au travers de préjugés, de prismes déformant, d'idées reçues prises comme certitudes. Autant d'approximations qui sont des freins : l'étude de l'aïkido, ne supporte pas la simplification ou la vulgarisation, il faut oeuvrer en profondeur, et qui dit en profondeur voit facilement l'obscurité.


Pour remettre les choses à leur juste place!

L'AïKi ne peut se résumer,
En écrits ou paroles,
Sans dissertation inutile,
La compréhension viendra de la pratique.

Moriheï UESHIBA.

lundi 8 juin 2009

Le dojo , carrefour de deux cultures.

Le dojo est le lieu de la pratique.

Comment transposer dans notre culture et notre société du 21ème siècle ce concept ? C'est une question identifiée mais laissée en suspens dans l'article "aïkido et cartes heuristiques" Comme tout lieu où se réunit un groupe d'individus l'organisation est régie par des règles spatiales et des règles qui définissent les relations entre les individus. Ces règles diffèrent d'une culture l'autre. Transposer l'aïkido dans notre société, si l'on veut préserver son aspect traditionnel, conjugue ces deux difficultés : l'aïkido véhicule à la fois un historique, des traditions et des coutumes des arts martiaux japonais et plus largement de la société japonaise. Dans notre société le dojo est le plus souvent situé dans un complexe sportif dont l'agencement spatial répond aux impératifs de sécurité et permet la co activité avec d'autres disciplines.

kanji_dojo.png

Imaginons maintenant un de nos contemporain du pays du soleil levant qui découvre un dojo.

Si j'ai une honnête connaissance de la culture, des traditions et de l'histoire de mon pays, ce n’est pas parce que je suis asiatique, mais simplement parce que je vis depuis toujours au Japon et que ces sujets ont quelques intérêts pour moi.
Pratiquer l'aïkido dans le Japon du 21ème siècle n'est pas très répandu, il y a moins de pratiquant au Japon qu'en France! Par contre nous avons une longue tradition martiale qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours grâce à une mutation, salvatrice pour ces arts traditionnels, qui a commencé vers la fin de l'ère Meiji. Cette période vit la disparition du système féodal, système qui aujourd'hui encore influence largement notre société. Même si les générations actuelles préfèrent s'orienter vers des sports médiatisés, il est de coutume qu'en passant devant le jardin public, j'entende une bande d'enfant, bâton en main, prendre leur première leçon de "Kendo". Une heure de suite, ils réitèrent un unique mouvement : lever le bâton au dessus de la tête en hurlant aussi fort qu'ils le peuvent. Ici l'apprentissage est imitation répétée en recopiant inlassablement un geste jusqu'à la perfection. On n’apprend pas une technique, on copie un individu supérieur.
Lorsque j'évoque le mot "dojo", ce ne sont pas les quatre lettres romanes qui me viennent à l'esprit, mais les deux kanji 道場. Mon érudition me permet de savoir qu'en chinois 道場 (prononciation "dào chǎng"), ces idéogrammes désignent un temple taoïste ou bouddhiste. Ceci ne m'étonne pas compte tenu de l'étymologie des caractères (1). De ce fait, le dojo - même si n’est que symboliquement s’il est situé dans un complexe sportif moderne - se doit d’être en harmonie avec la nature, l’univers : son orientation et sa structure ne se sont pas le fruit du hasard. Le mur situé face au Sud: "kamiza" 上座 est, comme me l'indique le pictogramme 上 est le côté honorifique, à l'inverse le pictogramme 下 -composé de 下座 qui s'écrit pour vous "shimoza"- m'indique que le mur d'en face est moins important, ce sera la place des pratiquants. Les élèves les plus anciens à l'Est, les autres côté Ouest. Je vous expliquerais tout cela plus tard.
En fait, nous pensons depuis fort longtemps que les activités profanes ont plus de chance d’aboutir lorsqu’elles se conforment à une sorte de mandat divin.
Dans le dojo comme dans toutes les demeures traditionnelles sied le « Toko no ma ». - côté "kamiza"- Il s’agit d’un renfoncement surélevé où le portrait du fondateur – Me Ueshiba - remplace le traditionnel rouleau peint encadré de tissus, au dessous duquel prône un bouquet de fleur. Dans sa forme la plus classique ce bouquet est composé de trois branches, trois fleurs aux tiges de longueur différente. La plus longue représente le ciel, la plus brève la terre ; entre les deux, l’homme. L’harmonie de ces trois composantes – conçue selon une morale d’inspiration confucéenne – signifie le monde dans sa totalité. L’ordre ainsi artificiellement conçu n’est que le reflet social instauré par les hommes. L’ordre, le rituel, les relations entre les individus dans le dojo me sont familières : comme dans la société japonaise l'homme a moins de droits que de devoirs - "Gimu" 義 務- et de dettes - "Giri" 義 理- définies par la position qu'il occupe dans la société. La docilité vis à vis des règles immanentes constitue une valeur essentielle de la vie sociale. Jadis dans les écoles on disait : « Lorsqu’un clou dépasse, on tape sur la tête ».
Ici, au Japon, les relations sont bâties sur le principe de l'inégalité entre les individus. A l’école, puis dans l’entreprise et bien sûr au dojo, au sein de groupes définis ou perçus comme des lieux, la hiérarchie est celle de l'antériorité. Le cadet, le débutant, est inférieur, il se montrera toujours honoré que l’on fasse appel à lui, même sous forme de brimade.
Ainsi les rituels dans le dojo ont des origines différentes, c’est très naturellement qu’ils coexistent. Certains rituels, et mouvements exécutés lors de la préparation ont pour origine la religion shintoïste, d'autres ont une origine martiale et d'autres encore n'ont aucune signification ou encore ne s'agit il que comme je vous l'ai exposé ci avant, que de comportement sociaux. J’ai du mal à vous expliquer cela, chez nous au Japon ce que vous appelez « correct », se dit souvent « beau ». C’est la réponse que nous apportons pour justifier des comportements d’apparence inutile. Par exemple, dans la cérémonie du thé qui est régie par un rituel d’une extrême complexité, le code ne revoie à aucune justification : le thé est un rituel qui n’a pas d’autre but que lui même. A l’origine il a été crée par les moines zen pour éviter de s’assoupir au cours de leur longues méditations, utilisé par les guerriers pour apaiser leur combativité ; c’est un support à la concentration.

(1).Dojo 道場 est composé par deux kanji

Do : voir les articles de la catégorie "Do"
Jo 場 : Une aire, un lieu. La partie de gauche du caractère 士 représente la terre, l'humus, la partie de droite 昜 Le soleil qui darde ses rayons( cf caractère Yang).

En complément à l'article "ombres et lumières"

manipul2.jpgIl est important de pointer du doigt les risques induits par un tel changement de repère. Le dojo peut devenir un vaste champs pour qui veut tromper la vigilance et le sens critique (voir 2ème étape ci après). Certains vous dirons que c'est le dojo traditionnel, le cadre dans lequel est né l'aïkido, une démarche en adéquation avec l'aïkido traditionnel tel que le fondateur Me Ueshiba l'a enseigné. En réalité cette "théorie" sert souvent d'écran de fumée pour justifier des fonctionnements à caractéristique sectaire, à éviter de rendre des comptes sur les aspects financiers.
Dans ce cas de figure, ce discours est mis en scène soigneusement :

  • Un gourou : un leader incontesté, incontestable, craint, aimé.
  • Une doctrine : message unique et ultime de salut.
  • Un groupe : chaleureux, hiérarchisé.

Ils vont accomplir un conditionnement du futur adepte :

  1. Première étape : séduire et survaloriser
  2. Deuxième étape : anesthésier l'esprit critique et la personnalité
  3. Troisième étape : renforcer l'adhésion au groupe et favoriser les ruptures.


Ressources.

La civilisation japonaise - Laurence Caillet - Histoire des moeurs
http://www.prevensectes.com (image "manipulation" et comportement sectaires)

samedi 2 mai 2009

Mind map, aïkido, enseignement et apprentissage

Un point étape pour résumer, sous forme de carte mentale (Mind Map), les articles parus dans les rubriques Aï (合) , Ki (氣) et Do (道).
Dans cette carte, à partir du centre, enseignement et apprentissage, vont irradier :
1 Une branche Ki, une branche Do et une branche ciel/terre.
Chacune d'entre elle propose deux aspects :

  • l'un Yang - cercle, 气 et 首
  • l'autre Yin - carré, 米 et 辶

2 Deux autres branches sont regroupées sous l'étiquette "la voie du juste milieu" où l'homme doit trouver l'équilibre entre les qualités Yang et les qualités Yin, sens donné symboliquement par le triangle de l'idéogramme Aï 合. Un apprentissage et un enseignement bien conduit visent à concilier les opposés en les rendant complémentaires : qualité et quantité, spontanéité et réflexion, analyse et synthèse, etc.

Aikido_Apprentissage__enseignement.jpg

dimanche 19 avril 2009

La voie "du juste milieu"

Entre ciel et terre.

mencius2.JPG
Une des caractéristiques d'un art traditionnel est de de tenter de concilier les opposés. La voie du "juste milieu" consiste à trouver la place idéale, située entre deux extrêmes.
La tradition orientale place l'homme entre terre et ciel. Ci contre, le schéma (simplifié) symbolique de l'homme représenté entre sol et terre est attribué à Mencius (Mèng Zi), penseur chinois qui vécu quatre siècles avant notre ère. Par cette symbolique l'homme s'inscrit dans un espace temps, il est placé entre ces deux pôles, que sont le sol et ciel, et auxquels sont associés des qualités et des caractéristiques propres aux images qu'ils peuvent évoquer.
Le trait placé au centre du schéma, représente la "voie du juste milieu", l'équilibre à trouver entre les deux pôles. Les analogies qui en découlent touchent tout ce qui recouvre l'activité humaine au sens large.
Dans cet article nous limitons le sujet aux problématiques de l'apprentissage, situation où nous nous trouvons placé entre deux pôles qui correspondent à deux modes d'acquisition de la connaissance

La terre et la tortue.

Le sol qu'on arpente a la particularité de pouvoir être mesuré, la terre est donc associée a un carré, en référence au terrain que l'on découpe en parcelles. Tout ce qui ce qui est mesurable, quantitatif, manifesté, cartésien, séquentiel, lui est rattaché. La partie inférieure du schéma de Mencius possède des angles vifs. Traditionnellement on dit que les pieds de l'homme sont "carrés" pour épouser le sol et ainsi pouvoir absorber les qualités propres à la terre. Les gloses indiquent que le point d'acupuncture "Yong quan", le premier point du méridien du rein, qui est situé sous la plante du pied est "comme une source qui jaillit du sol et s'élève"....
La méthode d'apprentissage qui correspond est une démarche qui peut être comparée aux déplacements d'une tortue qui va lentement d'un objet à l'autre sans en voir les rapports puisqu'elle procède par succession.

Dans la pratique de l'aïkido, c'est l'étude et l'appropriation de chacun des gestes de base, de la bio-mécanique des techniques de base qu'il faut acquérir au jour le jour, millimètre par millimètre, sans fléchir.
A ce stade de la connaissance, l'appropriation de chacune des techniques du "catalogue", la quantité de techniques est ressentie comme mesurable, quantifiable. C'est la période de la tentation d'apprendre le plus grand nombre techniques possibles, de se cantonner à leur étude sans voir les rapports entre elles. L'excès peut conduire, entre autre, à un bachotage pour obtenir des grades, ou plus grave, va enfermer le pratiquant dans une dépendance du modèle et inhiber sa créativité, son autonomie potentielle. En d'autre termes l'idée de trouver des solutions à ses problèmes personnels par l'expérimentation n'est pas envisagée.

Le ciel et l'aigle.

Nous appréhendons le ciel en regardant la voûte céleste c'est pourquoi, le ciel sera associé au cercle. Le ciel tout comme l'espace et par conséquent le temps ne se mesurent pas. Le temps se jalonne, en années, jours, heures, etc. La mesure d'un cercle n'est qu'une approximation dépendante du nombre Pi. Tout ce qui est non mesurable, qualitatif, subtil, spontané, intuitif est rattaché au ciel. La partie supérieure du schéma est circulaire, tournée vers le haut comme un réceptacle.Traditionnellement on dit que la boite crânienne est ronde pour épouser la voûte céleste.
La méthode d'apprentissage qui correspond est une démarche qui peut être comparée à celle de l'aigle qui en s'élevant saisit d'un seul coup d'oeil l'ensemble de se qui se trouve sous lui, les relations entre les éléments, et par là pourra en déduire des règles, des lois, ou à minima les comprendre.

Dans la pratique de l'aïkido, c'est rechercher, aux travers des bases, tous les points communs entre les techniques, repérer ce qui fonctionne quelle que soit la situation. Travailler une technique (avec ou sans arme) dans cet esprit, et c'est toute la discipline qui sera mise en oeuvre. A ce stade, l'aïkidoka comprend que le nombre de technique est illimité, que chaque situation apporte des variations qui ne peuvent être pas appréhendées par des réponses clés en main sorties d'une panoplie.
C'est la partie essentielle de l'étude, qualitative, plus subtile, elle n'est pas mesurable.

Le juste milieu.

Attention! Ne pas oublier ou ignorer la démarche de la tortue "parce qu'on a de l'expérience" : analyse (carré) et synthèse (cercle) sont complémentaires, l'un ne remplacera jamais l'autre. De la même manière, il est impossible de transformer un cercle en carré d'égale surface, et inversement (quadrature du cercle)... C'est tout l'art d'un apprentissage bien conduit.
Un déséquilibre engendre une pratique approximative, qui se satisfait de situations sécurisantes et au pire dégénère dans des délires, des "aïkido-danse", des "aïkido-ésotéro-mystique", etc

Invitation à faire un parallèle aïkido - tracé des idéogrammes

Le calligraphe doit avoir le dos entièrement actif et adopter pour cela une posture tout à fait droite. S'il s'adossait ou s'appuyait du coude gauche sur la table, l'aisance et l'assurance de son geste seraient tout de suite compromises, la musculature du dos se relâcherait et cesserait de fournir l'énergie nécessaire à l'acte d'écrire. (...) il plante les pieds sur le sol de part et d'autre de l'axe central. Ce contact avec le sol lui permet de contrôler la verticalité de sa posture, de se passer de tout appui au-dessus de la taille et d'avoir une complète liberté de mouvement dans le haut du corps. (..) et de mettre la plus grande part de ses ressources au service du geste. (...) Cette manière de se tenir favorise une respiration régulière et profonde (..).
Dans : L'art chinois de l'écriture - JF Billeter.

Les caractères sont composés à partir de huit traits élémentaires traditionnels (le décompte arithmétique est de douze). Une dizaine de règles régissent l'ordre dans lequel chaque trait sera tracé. La rigueur dans l'ordre des traits assure qu'un même caractère est exécuté d'un même geste par tout le monde et que, ce même geste entraînant les mêmes liaisons, le caractère reste reconnaissable même lorsqu'il est écrit très vite. Ci après le même terme "aïkido" écrit de plusieurs manières.

  • L'écriture régulière se présente sous aspect assez rigide, carré, mais garde une certaine fluidité lors d'une écriture manuelle (les caractères typographiques ne rendent pas cette impression).

ideoaikido_reguliere1.png
ideoaikido_reguliere2.png

  • L'écriture cursive est fluide, utilise plus largement les courbes, les arrondis, elle favorise la spontanéité.

ideoaikido_cursive1.png
ideoaikido_cursive2.png
C'est à travers une calligraphie réalisée avec le pinceau, outil traditionnel, que le caractère libérera toute son expression.
Chaque caractère est considéré comme un être vivant, il doit être centré, autonome, chaque trait est une ligne de force qui concourt à l'équilibre d'ensemble. Lorsqu'il fait partie d'un ensemble, d'un texte, l'espace vital de chacun d'eux doit être préservé, son autonomie ne doit pas nuire à l'équilibre général.
Tandis que la calligraphie occidentale produit des formes arrêtées (1), la calligraphie et l'écriture chinoise ou japonaise est par essence un art du geste dont la rigueur de l'apprentissage tranche avec la spontanéité qu'il génère.
(1) la calligraphie occidentale est soit une écriture appliquée, stylisée, soit enjolivée de paraphes ou d'autres ornements ; à l'inverse de l'écriture chinoise, elle élimine les traits individuels, elle est impersonnelle.
kanji.jpg
Pour finir, voici comment moins massacrer les 3 kanjis qui composent "aïkido"... en utilisant les traits de base et respectant l'ordre de leur tracé...
aikido-_trace.jpg

samedi 11 avril 2009

Introduction au Kanji Do 道

Do-gravure.pngDans un précédent billet, nous avons vu que l’idéogramme Do (道) signifie, à la fois : Voie, route, chemin, méthode, manière de faire, moyen, doctrine, procédé…..Dans le milieu des arts et disciplines traditionnels japonais "Do" est traduit par « Voie ».
Il faut garder à l'esprit que la lecture d'une graphie (d'un kanji) n'est que indicative, elle n'est jamais normative. Le contexte dans lequel on se risque à donner une interprétation permet de dégager des rapports de filiation, des situations et des relations d'interdépendances. Do 道 peut, dans le quotidien, ne garder qu'un sens pratique : 国道 signifie route nationale ni plus ni moins.

Etymologie du Kanji Do 道

L'idéogramme DO est composé de deux parties :

  • 辶 représente 3 empreintes de pas , traditionnellement le pied gauche se lève le premier, ensuite le droit et le pas recommence. La graphie évoque une marche alternée, comme le ferait une sentinelle.
  • 首 est une tête à la chevelure dénouée. L'élément 首, la tête à la chevelure dénouée symbolise la spontanéité, l'intuition par opposition à une attitude et un comportement enfermé dans des règles : la chevelure dénouée est à opposer aux chignons impeccablement noués tel que les lettrés confucianistes l'arborait, confucianiste tenant d'une société très hiérarchisée et ordonnancée par les rites.

Dao (Do) 道, Yin-陰-/Yang-陽

Dans la pensée taoïste, confucianiste ou shintoïste, Do - ou Dao, Tao en chinois - occupe une place centrale : c'est l'ensemble des mouvements ordonnés de vie, le Tao gouverne le réel ; le yin et yang en sont les manifestations transitoires. Yin et Yang sont à la fois complémentaires et opposés, il ne s'agit pas sous la rubrique du yin et du yang, d'établir une classification, mais de décrire les mécanismes responsables des relations de ces éléments entre eux, c'est à dire du mouvement qui les unit.
Dans notre pratique de l'aïkido Yin/Yang est à rapprocher de Omoté/Ura.(表/裏)

"Do" 道 dans le contexte de l'aïkido

Reprenons le radical (l'élément) 辶 , "la marche alternée d'une sentinelle", qui fait inlassablement des allers et retours. Cette image induit une idée de cohérence, de ténacité, de régularité, qualités indispensables à tout apprentissage et étude. "l'Aïkido se pratique, neuf fois par terre, dix fois debout!"
Les pas laissent des traces, des empreintes, ce qui indique que la voie, la méthode de faire, peut être appréhendée par celui qui sait observer et par là "voler la technique".
L'élément 首, l'idée de spontanéité est à envisager avec son corollaire : une maîtrise parfaite de la technique qu'il faut ensuite savoir"oublier" pour laisser s'exprimer le "naturel".

En Aïkido il n'y a ni fome ni modèle, les mouvement naturels sont les mouvements de l'Aïkido - Me Ueshiba


Yin/Yang : Voir [article Introduction à la notion de Ki(氣)
Ressources : image conçue avec : http://www.chine-nouvelle.com

samedi 28 mars 2009

Introduction à la notion de Ki(氣)

L'idéogramme Ki(氣) est traduit par énergie. étymologiquement (en-ergon en grec), énergie signifie "qui contient (en) l'action (ergon) en puissance". L'énergie est une "puissance, une force", la notion d'énergie se ramène à la description d'un mécanisme, une description des transformations des différents états de la matière. Pour la science, depuis Einstein, énergie et matière ont une valeur équivalente. Cette transformation de la matière, se passage en plusieurs état est rendu par l'idéogramme Ki, prononciation chinoise T'chi.

氣 est composé de 气 et de 米

米 représente les céréales, une botte riz, dont la vapeur, symbolisée par 气, s'élève des grains qui sont en train de cuire. Cette métaphore doit nous inciter à différencier au travers de cette transformation, un groupe d'énergies liées à la terre , énergies très manifestées (matérielles) symbolisées par le riz, et un second groupe d'énergies , plus subtiles, plus ténues (immatérielles), symbolisées par la vapeur qui s'élève.Très synthétiquement on distingue des énergies liées à la terre, que nous pouvons appréhender assez facilement, et des énergies plus difficiles à saisir apparentées au ciel (la vapeur qui s'élève). La cosmologie orientale issue du monde chinois antique place l'homme entre ces deux pôles que sont le ciel et la terre. Cette vision peut être apparentée à ce que nous appelons aujourd'hui la démarche holistique, où l'homme, dans tous les aspects de son activité, est soumis aux influences du cosmos. Afin de mieux rendre cet aspect beaucoup de sinologue - et de spécialistes de médecine chinoise traditionnelle - préfèrent traduire Ki(氣) par souffles. Ainsi, le kI , - les souffles - est la forme existentielle qui préside à toutes les mutations dans le corps humain, tant sur le plan macroscopique que microscopique. Ces mutations issues des énergies les plus "immatérielles" sont qualifiées "Yang", les énergies les plus matérielles sont qualifiées "yin". La distinction entre ces deux familles énergétique n'est pas franche, il n'y a pas d'un côté les énergies de qualité"yin" et de l'autre côté les énergies de qualités "yang". Il faut imaginer une sorte de dosage yin/yang, dosage ordonné par le Tao (Dao ou Do selon le système de translittération), idéogramme (道)- ou Kanji, que nous avons évoqué dans l'article Aï (合) Ki (氣) et Do (道). Ici Do (道) - tao - exprime l'ensemble des mouvements ordonnés de la vie.

Ki (氣) replacé dans le cadre de l'aïkido.

Nous avons vu que Aï (合) et Ki (氣) sont indissociables et que Aï (合) évoque un concept d’union : trois - les 3 lignes du triangle – est à prendre comme un nombre indéterminé. La symbolique de la bouche, l'élément graphique du bas, renvoi à l'idéogramme Ki(氣) et au concept de souffle, d'énergie. Ceci signifie que "trois" contient les énergies du ciel "yang", les énergie de la terre "yin" et leurs mutations au niveau de l'homme qui est positionné entre les deux. Trois est un nombre symbolique qui désigne l'ensemble des mutations énergétiques. Cette façon de poser un nombre déterminé en nombre indéterminé est fréquente dans la pensée orientale. Dans la pratique de l'aïkido "Shi ho nage" technique de projection dans les quatre directions - shi signifiant quatre - est toujours pris dans le sens toutes les directions.
En résumé, Aï (合) Ki (氣) signifie réunir, mettre en synergie, en symbiose, l'ensemble des énergies et des souffles qui nous animent , en d'autres termes, notre potentiel connu ou inconnu - énergie tendino-musculaire, respiration, psychisme,....- ceci en toutes circonstances qu'elles soient ponctuelles ou permanentes.

dimanche 22 mars 2009

Kanji « Aï » 合, signification et étymologie.

Le Kanji qui correspond à « Aï » est 合. Sa traduction la plus courante dans le cadre de l’aïkido est harmonie.
Si l’on s’en réfère à un dictionnaire chinois-français, les significations du caractère 合 sont : Idée générale de jonction, d’union – Fermer- Unir, réunir ses forces, faire des efforts communs – conformité, assortir.
Les homonymies de la langue japonaise et chinoise ont été évoquées dans l’article Vocabulaire, terminologie, Culture, tradition et Aïkido. . Le kanji 愛, se prononce également « Aï » et signifie « amour », homonymie avec laquelle le fondateur de l’aïkido à très certainement joué et qui n’est pas restituée dans les traductions de textes ou de citations de Me Ueshiba. Par ailleurs, notre culture nous conduit souvent à associer les deux mots « harmonie » et « amour ».
Etymologiquement « harmonie » vient du grec signifiant proprement arrangement, ajustement, assemblage. Par extension, agencement entre les parties d’un tout, de manière qu’elles concourent à une même fin.

Etymologie de l’idéogramme 合

Kanji Aï ancien La forme ancienne du caractère montre que la partie supérieure ne doit pas être assimilée à un toit, mais qu’elle forme un seul élément graphique avec le trait situé au dessous, formant ainsi un triangle qui évoque un concept d’union, d’assemblage de jonction d’éléments divers. Les textes sémantiques indiquent que trois - les 3 lignes du triangle – est à prendre comme un nombre indéterminé. L’élément situé en partie inférieure « le carré », représente une bouche.
Au final, étymologiquement, plusieurs bouches parlant à l’unisson, renforçant l’idée d’assemblage - comme pourrait l’évoquer une charpente – plusieurs éléments concourant au même objectif.

« Aï » 合 dans le contexte de l’aïkido

L’interprétation évoquée dans l’article précédant « ombres et lumières » - trois éléments du caractère décomposés en « un toit » en partie supérieure, « la bouche » en partie inférieure et « un » en partie médiane – est définitivement hors jeu. Les idéogrammes ont cela de particulier, et de parfois difficile à comprendre pour nos esprits cartésiens, ils laissent une certaine liberté à la compréhension de chacun compte tenu de ses connaissances mais aussi de ce qu’il veut voir ou encore du message qu’il veut faire passer.
« Aï » prend tout son sens lorsqu’il est associé au kanji Ki 氣. Sans anticiper sur la suite, chacun sait que le concept d’énergie recouvre dans la pensée orientale tous les aspects des phénomènes qui nous animent. 合氣 « Aïki », indique donc une mise en synergie de tous ces aspects: énergie musculaire, respiratoire, psychique,…..
Pour finir, on peut noter qu’on retrouve l’idéogramme Aï en médecine traditionnelle chinoise (MTC en abrégé), 合 désigne les points de réunion, huit points où se concentrent et se manifestent des énergies particularisées (énergie des organes, du sang, des muscles et des tendons, des os, ….).

Lien vers les Ressources utilisées.

dimanche 15 mars 2009

Ombre et lumière

Lorsque la voie est une impasse

EPA ISTA est l’école d’aïkido d’Alain Peyrache. J’ai suivi l’enseignement, pendant plus de vingt ans, de celui qui aurait pu devenir un véritable expert de la technique de l’aïkido . Peu à peu des points d’inflexions sont apparus dans la ligne directrice d’origine. Aujourd’hui le mode de fonctionnement de cette association me paraissant en grande partie néfaste, j’ai voulu le faire savoir. Ce n’est pas un droit, c’est un devoir, étroite obligation de quiconque a une pensée, de la produire et mettre au jour pour le bien commun disait Paul-Louis Courier.
L’EPA n’est pas un cas isolé, de tels systèmes apparaissent chaque fois qu’une collectivité, grande ou petite, rempli simultanément les conditions suivantes : une cohésion aveugle autour d’un personnage central et lorsque cette collectivité se croit être détentrice d’une vérité.
J’ai tiré quelques extraits des sites internet de cette association pour étayer mon propos, chacun pourra se faire une idée plus complète en parcourant leurs pages. Adresses en fin de cet article.

Quand dogmatisme devient synonyme de traditionnel.

Lorsque les mots ne concernent pas des objets, mais des émotions, des concepts, des idées, des notions plus ou moins bien définies, il faut démasquer, comme nous le dit Albert Jacquard, ces mots hypocrites qui nous tendent sournoisement le piège de leurs multiples sens …

Traditionnel est un de ces mots « hypocrites » largement usité pour qualifier, estampiller telle ou telle discipline ou art martial et plus largement toute activité « exotique».
Au sens le plus général, dogmatisme est synonyme d’intransigeance, d’autoritarisme, d’étroitesse d’esprit et de raideur : il est le fait de quiconque « dogmatise », c’est à dire affirme sans preuve, ne tolère aucune discussion, parle d’un ton tranchant, porte des jugements péremptoires.
Cet amalgame « dogmatico-traditionnel » permet d’éradiquer toute discussion, réunion, formalisation de fonctionnement

Changer les repères des individus

C’est en opérant à un changement de repère que l’on arrive à tromper la vigilance et le sens critique.
Voir en complément, le billet du 8 juin : Le Dojo, carrefour de deux cultures.

Dans l’article « Philosophie » sur le site EPA ISTA on lit :
"Malheureusement notre éducation occidentale nous formate pour la mauvaise solution, c'est ce qui fait toute la difficulté des pratiquants d'aïkido. Etre capable d'aborder les autres cultures en oubliant la notre est vraiment très difficile."
Le pratiquant est mis dans une position de non sachant captif du discours proposé.

Pour aborder une autre culture je pense qu’il faut aller chercher la solution exactement à l’opposé. C’est une voie plus difficile à mettre en œuvre puisqu’elle sollicite l’intelligence individuelle.
Cette solution, Jean François Billeter éminent sinologue Suisse, nous en pose les contours lorsqu’il écrit :

Lorsqu’on pose, à priori la différence, on perd de vue le fond commun. Quand on part du fond commun, les différences apparaissent d’elles mêmes.

Le discours.

AIKIMARKETINGLe professeur devient le maitre, ce changement de terminologie laisse à l’imaginaire un champ plus vaste et fragilise un peu plus l’auditoire.
Le maitre sélectionne des thèmes qui servent à sa démonstration puis donne une interprétation qui va dans le sens favorable à sa thèse. L’arbitraire de son choix disparait ensuite sous l’unité du discours tenu.



On trouve par exemple dans un des ’articles une interprétation totalement erronée du Kanji "Aï "
"Le premier kanji qui forme le mot aïkido est « Aï », qui signifie harmonie. Il est bien souvent traduit par « amour » ou autre terme de ce genre qui permet de donner à l’aïkido une connotation pacifiste ou « gentillette ». Or, si on lit les différentes composantes du caractère, on retrouve le chiffre 1, la bouche, et le toit de la maison (ou du dojo). La conception japonaise de l’harmonie pourrait donc s’entendre plutôt de la manière suivante : « dans la maison (le dojo), il n’y en a qu’un qui ouvre la bouche ». Autrement dit, pour que chaque chose soit à sa place, il faut qu’il n’y ait qu’une voix (celle du professeur) qui s’élève, et non une cacophonie d’opinions diverses et de débats démocratiques censés décider par consensus de ce qui est le mieux."
Le maitre ajoutera ensuite que dans la tradition japonaise la notion de dojo s’étend au delà des murs…..comprenez : vous êtes autonomes mais en liberté surveillée.

Un système basé sur un « consensus frauduleux ».

La structure est un système pyramidal à étage multiple, un système qui ressemble à s’y méprendre à du marketing pyramidal à l’américaine basé sur la commercialisation à paliers multiples où il s’agit plus de vendre la société que le produit : une pyramide principale, assimilée à une entreprise avec le maitre au sommet, des pyramides plus petites, les succursales avec les gérants
Le maitre s’entoure, d’un premier cercle d’influence, d’individus acquis à sa cause. On trouve dans ce premier cercle des opportunistes et des individus qui, dans un contexte social difficile, voient là une reconnaissance inespérée. Pour pérenniser ce système, des coutumes japonaises -réminiscences d’un passé féodal- sont détournées pour instaurer une hiérarchie soumise qui se décline jusqu’au pratiquant de base.
Lorsqu’un individu est jugé déviant par le maitre, il faut l’exclure.
Dans l’article « autonomie », on lit :
"Il faut éradiquer cette nuisance de manière efficace et définitive : comme pour la gangrène, si l’on ne coupe pas le membre rapidement, c’est la vie qu’on risque de perdre. Celui qui ne respecte pas son maitre, son dojo ou son enseignement n’a pas sa place au dojo. Son exclusion est nécessaire et indispensable".
Pour ne pas heurter la sensibilité de ceux qui gardent leur esprit critique, et pouvoir mettre au banc des accusés pour n’importe quel motif, la méthode est simple. On isole- surtout ne pas laisser un débat s’instaurer- on discrédite celui qu’il faut éliminer, on l’attaque sur ses compétences avérées.
C’est là une occasion pour les vassaux de monter leur fidélité au maitre. Pour peaufiner le système c’est à dire éviter que l’affectif ne génère des zones de résistances autour d’un pratiquant ou d’un enseignant déviant, l’amitié, les « potes » sont présentés comme des valeurs qui deviennent une entrave à la "réalisation de soi" .
C’est ainsi, que l’année passée, l’on a vu circuler par voie électronique un rappel de la doctrine. Extraits choisis de texte écrits par trois professeurs du « premier cercle »

Voir en pièce jointe (en bas de l'article, cliquez sur "annexe") : extrait en version PDF.

"Comment initient-ils eux-mêmes leurs élèves ? Quand cesseront-ils d'entretenir une confusion entre l'exercice d'un art majeur et la pratique d'une activité en dilettante. L'aïkido n'est pas un simple prétexte à une réunion de copains. C'est une étude en profondeur qu'aucun initié convaincu ne laissera être menée à la bonne franquette".

"Vous pensez pouvoir pratiquer l'aïkido exclusivement sur un tatami, sans avoir à vous "prendre la tête" avec des considérations qui vous paraissent d'un autre âge. Faire un peu de sport, en somme. Il y a donc un malentendu : l'aïkido, ce n'est pas le football ou le croquet sur gazon. Les enjeux ne sont en rien comparables. Les engagements non plus".(….)

"Mes élèves pratiquent afin de travailler sur ce qu’apporte et génère l’aikido et non sur la recherche de pseudos amitiés. Ils font nettement la différence entre la pratique « entre potes » qui n’apporte rien sur le plan personnel et leur recherche avec des professeurs compétents".

Conclusion.

Je ne souhaite bien entendu pas, en défendant par ailleurs un aïkido dit traditionnel, être assimilé de près ou de loin à ce type de raisonnement. Non seulement cet exemple ne concourt pas à l’enrichissement personnel mais à terme, les procédés employés peuvent être dangereux pour des individus psychologiquement faible. Dans de tels systèmes, pour qui veut garder son sens critique, il faut adopter l’attitude du sage taoïste ! Soit choisir la fuite, soit éviter d’entrer dans le premier cercle d’influence c’est à dire s’en tenir à pratiquer sans se mêler du reste. Si on peut habiter loin du maitre….c’est encore mieux !
Pour conclure définitivement : une page de pub ! visitez le site aikilibre.org

Le site EPA ISTA : www,aikido-ista,com

EPA_ISTA_centre_mondial.jpg Pour aller directement à la page des articles : L'Aikido d'Alain Peyrache vu par ses ushi deshi

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epa_ista_2.jpg Parmi les articles, ne pas louper : "le fondateur de l'Aïkido" où l'on découvre un historique revisité,

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dojo_succursale_epa_ista.gif
historique_aikido_revisite_epa_ista.gif Ne ratez pas le site consacré à Alain Peyrache : Un monument d'égo sur-dimensionné!
Clic sur image pour agrandir epa_ista_1.jpg Ressources :
* Contre François Julien de Jean François Billeter : à lire de absolument, comme tous ses autres ouvrages.

  • BARISOL "love" image parue dans le Monde Diplomatique d'août 2008 - article "La machine à abrutir"

dimanche 15 février 2009

Aï (合) Ki (氣) et Do (道)

Pour un meilleur rendu de la structure linguistique d’origine il faudrait écrire aïkido en deux éléments séparés par un tiret : Aïki-Do.
L’agencement des trois Kanji, intuitif pour un japonais ou un sinologue, est ainsi restitué : un composé qu’il ne faut pas dissocier, Aïki (合氣) et un caractère isolé Do (道).
L’idéogramme Do (道) signifie, à la fois : Voie, route, chemin, méthode, manière de faire, moyen, doctrine, procédé….. Dans le milieu des arts traditionnels japonais "Do" est traduit par « Voie ».
L’esquisse d’une traduction de « aïkido » devient : voie de « l’Aïki » où la voie Do (道) est la méthode, la manière de faire, le chemin retenu pour conduire l’étude, l’apprentissage, l’enseignement de « l’Aïki ».

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