AikiAutrement

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 9 décembre 2009

Recueil de conférences de Maître Ueshiba Morihei

TAKEMUSU-AIKI-1.jpgUn ouvrage en 5 volumes dont les deux premiers ont déjà été édités, le troisième est actuellement en cours de traduction et sera publié dans le courant du premier semestre 2010.

Recommandation de Maître TAMURA Nobuyoshi : "Les écrits de Maître Ueshiba sont extrêmement rares et ces notes en sont d'autant plus précieuses.C'est avec émotion que je pense à ces textes qui me font retourner au temps où, uchi deshi, j'ai entendu O Sensei exposer ces sujets au Dôjô, à ses invités et lors de ses voyages. Ce fut pour moi une grande chance et j'en suis toujours très reconnaissant. Ces derniers temps de plus en plus de livres traitant de l'aikido sont publiés mais bien peu s'approchent de sa Substantifique moelle. Qu' aujourd'hui l'on puisse avoir accès à un texte aussi essentiel est remarquable.

On ne pas nier que la littérature "aïkido" offre un paysage morne : des ouvrages bâtis sur un format uniformisé, avec un objectif ultime, la promotion de tel ou tel individu ou groupes d'individus.....Je n'ai pas encore eu entre les mains les 2 ouvrages déjà parus, mais c'est sans hésitation que je répond favorablement à la demande des Editions du Cénacle de France : je vous indique le lien pour en savoir plus :
www.livre-aikido.com
A chacun de se faire une opinion.

dimanche 24 mai 2009

Vocabulaire des techniques d'aïkido.

Je vous propose aujourd'hui un glossaire, sous forme de MindMap, du vocabulaire des techniques d'aïkido. En quelque sorte "un kit de survie", le minimum vital à connaître. Il ne s'agit pas du glossaire technique de l'aïkido : le périmètre est ici restreint aux techniques, c'est à dire aux principales formes répertoriées dans "le catalogue". Pour ne pas surcharger, l'écriture en idéogramme n'apparaît pas.

Qu'est ce que le catalogue?

Le catalogue regroupe une vingtaine de techniques qui se déclinent en fonction des conditions de départ : position relative des deux partenaires - Gyakuhanmi ou Aïhanmi, attaque de face (Mae) ou sur l'arrière (Ushiro), les deux partenaires étant soit debout (Tachi waza), l'un des deux à genoux (Hanmihandashi waza), ou encore les deux étant à genoux (Suwari waza). La forme technique s'adapte également aux différentes attaques : saisies (dori) ou frappes (uchi, tsuki). Au final on obtient entre 300 et 400 formes différentes non comprises les variations induites par les armes (Jo, Boken et Tanto).
Les témoignages indiquent que le fondateur, Me Ueshiba, n'accordait pas ou peu d'importance à quelque nomenclature technique que ce soit ou n'en faisait il pas état (lire à ce sujet "les maîtres de l'Aïkido") si l'on excepte l'ouvrage "Budo" qu'il a cautionné de son vivant. Ce sont ses Ueshi Deshi (élèves) envoyés à travers le monde pour divulguer l'aïkido qui ont, pour mieux répondre à la culture occidentale, formalisé et regroupé certaines formes techniques (Cf Méthode nationale - Me TAMURA).
Un contenu réduit au strict minimum conférera au catalogue un statut d'outil mnémotechnique intéressant. Rechercher l'exhaustivité serait illusoire : chacune des techniques pouvant se décliner en un nombre de formes quasi illimitées en fonction de la situation, de la morphologie du partenaire, etc.

Apprendre le nom des techniques.

Rien de compliqué! La dénomination d'une technique est une combinaison entre :

  • Les condition de départ
  • Le nom de la technique
  • La saisie ou l'attaque.

C'est pendant et juste après la pratique qu'il faut emmagasiner le vocabulaire en formulant ses propres moyens mnémotechniques, en créant des relations entre les diverses techniques et situations. Par exemple on peut relier "Nikyo" et "Kotegaeshi", le contrôle de l'une visant à une supination du poignet du partenaire, l'autre à la pronation,....Peu à peu tout cela formera un tout.
Vocabulaire_des_techniques_Aikido.jpg
Cliquez sur l'image pour agrandir

Ressources.

Budo. Les Enseignements du fondateur de l'Aikido
AIKIDO Méthode Nationale - Nobuyoshi Tamura - (1975) - Epuisé

mardi 3 février 2009

Vocabulaire, terminologie, Culture, tradition et Aïkido.

Le vocabulaire de l’aïkido

Tout le vocabulaire, la terminologie propre à la pratique de l’aïkido, est d’origine japonais. Pour les langues telles que le chinois ou le japonais il existe des systèmes de translitération qui permettent de transposer des signes tels que les sinogrammes – les « Kanji » japonais - dans notre langue alphabétique latine. C'est ce que l'on appelle l'écriture "rômaji", littéralement écriture romane. Tout n'est pas aussi simple, il existe plusieurs systèmes de transcription. Pour le japonais c'est le système Hepburn qui est le plus usité même si ce n'est pas celui qui est officiel.
Pour les pratiquants d’aïkido, c’est le langage commun, incontournable : il faut apprendre un minimum de termes. Nous verrons ultérieurement qu’avec un peu de méthode, un classement adapté, cet apprentissage du vocabulaire peut devenir enrichissant. La carte mentale proposée lors de l’article précédent suggère que la langue, ou plus précisément l’écriture originelle – les kanjis – peut constituer un lien direct avec une culture et des traditions qui sont aux origines de notre art.

cartevocabulaire.jpg

Une approche très simplifiée de l’écriture japonaise.

Jusqu’au IVème siècle les Japonais n’ont pas de système d’écriture. Le Japon empruntera les graphies chinoises ainsi qu’une foule de termes et de textes chinois. Ils durent adapter l’écriture chinoise aux caractéristiques de leur langue : les mots chinois sont monosyllabiques et invariables tandis que le japonais est une langue polysyllabique dont les mots sont modifiés par l’adjonction de terminaisons et de suffixes. Un texte japonais comporte une proportion variable de caractères chinois, les « kanji », et de caractères phonétiques, les « Kana ».

Les « kana », signes phonétiques n’ont d’intérêt que si l’on souhaite apprendre le japonais.

Le syllabaire kana comporte en signes qui se déclinent en deux catégories de 46 signes graphiques complémentaires : les hiragana et les katakana.

Les katakana : La structure des katakana est rigide et anguleuse. ils ont été crées dans le but de simplifier l’écriture chinoise. Chaque katakana conserve quelques barres et points de son caractère d’origine mais garde sa valeur phonétique d’origine.
Ils servent à transcrire des mots d’origine autre que chinoise ou Japonaise ainsi qu’à préciser la prononciation d’un caractère chinois peu utilisé.
Les hiragana : À l’inverse des katakana, les hiragana ont une apparence onduleuse et souple. Ils sont dérivés des graphies de l’écriture cursive de caractères chinois : ils servent à transcrire phonétiquement tout ce qui dans la langue japonaise diffère trop du chinois pour être rendu par des caractères.
Très longtemps les femmes n’apprenaient que les hiragana ce qui ne leur laissait l’accès qu’aux textes « vulgaires » : romans japonais ou autres textes qui étaient le plus souvent transcrit ainsi.

Les textes « sérieux », philosophiques, scientifiques, ou historiques n’étaient transcrits qu’en caractères chinois – Kanji en japonais -

Kanji signifie ''"caractère d'écriture des Han" '' Il s’agit d’une écriture figurative où il est tout à fait possible d’apprendre le sens d’un caractère sans en connaître sa prononciation.
Ni les japonais, sous la pression américaine d’après la guerre, ni la révolution culturelle chinoise n’auront raison de ce système d’écriture unique.
Jusqu’à la seconde guerre mondiale tout caractère chinois pouvait être employé en japonais. Aujourd’hui leur nombre est officiellement limité à 1800 caractères sur les 8000 utilisés par les lettrés et calligraphes.

Quel intérêt ?

Dans « l’écriture et la psychologie des peuples » Jacques Grenet écrit :

« Alors que les écritures alphabétiques sont assez étroitement liées à cette réalité changeante qu’est le langage, ce que fit au contraire de l’écriture chinoise – et de la langue écrite chinoise – un remarquable instrument de civilisation, c’est son indépendance à l’égard des diversités dialectales et même linguistes. Les japonais, dont la langue diffère pourtant si profondément du chinois par son polysyllabisme et sa syntaxe, ont emprunté tout leur vocabulaire graphique savant à la chine. Cet héritage pèse d’un poids si lourd et il a une telle valeur à la fois du point de vue sémantique et du point de vue esthétique que les Japonais n’ont pu se résoudre à le sacrifier au profit d’une écriture alphabétique qui aurait pour effet une confusion des sons et des formes. »


Dans « Les idéogrammes chinois ou l’empire des sens » - Joël Bellasen et Wong Wa :

« Une langue et son écriture, que celle-ci soit idéographique ou phonétique, ne sont pas une simple strate de connaissance, mais quelque chose qui structure l’individu. À travers une langue et une écriture particulière transparaît une perception et une approche du monde différente. Et quand celle-ci privilégie le sens, la combinaison l’espace et l’image contre la verbalisation et le découpage analytiques, il peut être intéressant d’observer en quoi certains aspects d’un univers culturel (philosophie, psychologie, esthétique, tradition pédagogique, ….), peuvent se déduire en partie de la nature même de cette écriture. »


Dans notre « sphère Aïkido », à la question : Il est donc nécessaire selon vous de connaitre la culture japonaise pour comprendre l’Aïkido ? Me TAMURA Répond :

"Ce n’est pas indispensable mais cela permet probablement d’aller plus vite, c’est un fait indéniable. Si on prend simplement l’exemple de la langue, pour un japonais, même débutant, shiho-nage est assez explicite. Et lorsqu’il entend le nom de la technique cela précise son application physique. Il comprend que c’est une projection dans les quatre directions, peut facilement en déduire que cela signifie symboliquement toutes les directions et pénétrer plus profondément le sens de cette technique. Lorsqu’on traduit irimi en français cela devient « entrer » mais cela reste assez vague et il est difficile de s’appuyer sur ce mot pour comprendre la technique. C’est la même chose pour hitoemi, ou sankakuho. Un japonais comprendra souvent instinctivement ce que signifient ces termes car ils sont associés à des kanjis (idéogrammes) qui ont un champ d’expression à la fois vaste et subtil."