Au travers d'une carte mentale, quelles paroles du fondateur de l'Aïkido
Maître Ueshiba.
Extraits :
Le jour où il (l'aïkidoka) comprendra que Omoté et Ura ne font qu'un
il aura réalisé un des objectifs de l'aïkido : l'unité
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dimanche 16 mai 2010
Par dmej le dimanche 16 mai 2010, - Do (道)
Extraits :
Le jour où il (l'aïkidoka) comprendra que Omoté et Ura ne font qu'un
il aura réalisé un des objectifs de l'aïkido : l'unité
dimanche 3 janvier 2010
Par dmej le dimanche 3 janvier 2010, - Do (道)
Traditionnellement, le début d'année est l'occasion de prendre de bonnes
résolutions.... Vous avez décidé de : commencer la pratique de l'aïkido?
d'être plus régulier, de venir plus souvent au Dojo? D'apprendre le nom des
techniques?... ou tout autre objectif personnel? Alors, voici un aphorisme (1)
du dénommé Mensius (Meng Zi ), penseur chinois III ème Av JC.
L'eau rempli un creux, puis le suivant. C'est ainsi qu'elle avance.
L'homme accompli une étape, puis la suivante. C'est ainsi qu'il progresse.
Et une carte....

(1) : traduction de JF Billeter.
Image de la MindMap : Géo.fr
mercredi 9 décembre 2009
Par dmej le mercredi 9 décembre 2009, - A lire, à voir, à écouter... Ou pas!
Un ouvrage en 5 volumes dont les deux
premiers ont déjà été édités, le troisième est actuellement en cours de
traduction et sera publié dans le courant du premier semestre 2010.
Recommandation de Maître TAMURA Nobuyoshi : "Les écrits de
Maître Ueshiba sont extrêmement rares et ces notes en sont d'autant plus
précieuses.C'est avec émotion que je pense à ces textes qui me font retourner
au temps où, uchi deshi, j'ai entendu O Sensei exposer ces sujets au Dôjô, à
ses invités et lors de ses voyages. Ce fut pour moi une grande chance et j'en
suis toujours très reconnaissant. Ces derniers temps de plus en plus de livres
traitant de l'aikido sont publiés mais bien peu s'approchent de sa
Substantifique moelle. Qu' aujourd'hui l'on puisse avoir accès à un texte aussi
essentiel est remarquable.
On ne pas nier que la littérature "aïkido" offre un paysage morne : des
ouvrages bâtis sur un format uniformisé, avec un objectif ultime, la promotion
de tel ou tel individu ou groupes d'individus.....Je n'ai pas encore eu entre
les mains les 2 ouvrages déjà parus, mais c'est sans hésitation que je répond
favorablement à la demande des Editions du Cénacle de France : je
vous indique le lien pour en savoir plus :
www.livre-aikido.com
A chacun de se faire une opinion.
lundi 31 août 2009
Par dmej le lundi 31 août 2009, - Do (道)
C'est "haut la main" que l'article "ombres et lumières" reste depuis sa
parution numéro 1 des consultations!
Une mise à jour s'imposait : quelques compléments sous forme de copie
écran ont été ajoutées ainsi qu'un document joint extrait d'une prose.... assez
curieuse....
dimanche 23 août 2009
Par dmej le dimanche 23 août 2009, - Téléchargement cahiers
Je vous propose
désormais en téléchargement (version PDF imprimable) une série de "cahier" qui
reprendra tout ou partie - avec parfois des ajouts - les articles de ce
blog.
Pour télécharger le document : en bas de l'article, clic sur
"annexe".
Le point de départ de ce premier cahier c'est les trois caractères合氣 道,
kanji ou encore sinogrammes, qui composent « Aïkido ». Le
parcours proposé passe de la signification à l'étymologie, à la graphie des
caractères, à leur histoire , à des détours vers la pensée ou des pratiques
chinoises anciennes, (Qi Gong, Calligraphie, « Acupuncture ».,..),
vers des principes de l'aïkido : Omoté/Ura, Ki no Nagare, …
L'approche, l'étude et l'apprentissage de l'aïkido dit
« traditionnel » n'ont pas la linéarité à laquelle nous sommes
habitué. Par nature un art ne peut pas et ne doit pas se laisser enfermer dans
des normes. L'idée de base est d'adapter le format écrit à ces
caractéristiques : dans ces cahiers, ne cherchez pas des
chapitres, sous chapitres et paragraphes numérotés, il n'y en a
pas.
Entreprendre l'étude de l'aïkido c'est explorer des strates, n'en retenir et
n'en comprendre que des fragments, revenir sur chacune d'elles, qui, comme
autant de poupées russes emboitées les unes dans les autres, s'ingénient à nous
apporter plus de questions que de réponses. J'ai également choisi de donner une
place centrale à la découverte de la langue japonaise – dans sa spécificité
d'écriture figurative - pour tenter d'accéder à une culture dans laquelle
l'aïkido puise ses origines, culture que nous appréhendons, si nous n'y prenons
garde, au travers de préjugés, de prismes déformant, d'idées reçues prises
comme certitudes. Autant d'approximations qui sont des freins : l'étude de
l'aïkido, ne supporte pas la simplification ou la vulgarisation, il faut
oeuvrer en profondeur, et qui dit en profondeur voit facilement
l'obscurité.
Pour remettre les choses à leur juste place!
L'AïKi ne peut se résumer,
En écrits ou paroles,
Sans dissertation inutile,
La compréhension viendra de la pratique.
Moriheï UESHIBA.
mardi 14 juillet 2009
Par dmej le mardi 14 juillet 2009, - Do (道)
Le chat
à la fenêtre est le détail d'une estampe de d'Hiroshige (1857). Le mont Fuji
élément central du paysage proposé, attire forcement l'attention. Pourtant
notre chat immobile, centré, dans une attitude quasi méditative semble se
désintéresser de la montagne sacrée. Il porte son regard ailleurs...
Pour appréhender une technique d'aïkido, une situation, un contexte, l'exemple
de ce matou est certainement rempli d'enseignement.
Le blog marque une pause pendant les vacances... rendez vous à la rentrée!
samedi 13 juin 2009
Par dmej le samedi 13 juin 2009, - Do (道)
Démonter les mécanismes du pouvoir et
disséquer l'art de la manipulation est sans doute la raison d'être de cette
fable. C'est tout naturellement que cet article vient suivre mon propos de la semaine
passée.
Je vous livre sans plus attendre le passage du chapitre 2 du Tchouang
Tseu.
Fatiguer son esprit à distinguer les choses une à une sans voir qu'elles
sont identiques c'est ce que j'appelle "trois le matin".
Qu'est ce que cela veut dire? Eh bien ceci :
Un éleveur de singe dit un jour à ses pensionnaires en leur distribuant leur
châtaignes :
- "désormais vous en aurez trois le matin et quatre le soir""
L'éleveur utilise cette rhétorique pour annoncer une restriction
alimentaire.
- "Est ce que cela vous va?" Fureur chez les singes.
- "Bon alors, fait l'homme, vous en aurez quatre le matin et trois le
soir"
Et les singes de manifester leur contentement. Bien que rien ne fut changé de
la réalité ni de sa désignation, l'homme sut provoquer tour à tour la colère et
la joie. C'est cela suivre les inclinaisons.
Comme le souligne Jean Levy, la force la version de Tchouang Tseu tient à ce
qu'elle se tait sur les motivations des protagonistes ; elle se contente
de consigner des faits. Telle est la profondeur des fables chinoises, elles
disent et elles ne disent pas. On peut leur attribuer mille
significations différentes, elles suscitent, à l'instar des Ko'an du zen
japonais, des séries d'images et des associations qui se répercutent dans la
conscience en cercles concentriques comme les rides à la surface d'une mare
après le jet d'une pierre.
L'éleveur a peut être agit ainsi sous le coup d'une pénurie qui lui impose
d'économiser les vivres? Prend il les singes pour des imbéciles? Quant aux
singes, sont ils réellement des sots, ou bien ne sont ils pas dupes et sont
reconnaissant de l'attention que leur porte leur maître pour annoncer la
mauvaise nouvelle?
Nous sommes souvent dans la situation des singes de la fable de
Tchouang Tseu, dans des situations banales de la vie quotidienne et
dans notre vie de citoyen. J'ai une anecdote personnelle qui m'a vraiment
interpellée. Il y a quelques années, J'arrive dans une grande surface, pressé
je rempli le chariot de choses et d'autres, j'arrive vers les caisses. Blindées
de monde! J'aperçois une zone en bout du magasin qui me paraît être plus
dégagée. Et là, l'explication tient à une nouveauté : des caisses
automatiques où chaque client scanne ses articles. Quelque peut désabusé je
lève la tête et sur un panneau je lis : "pour votre confort et réduire le
temps d'attente nous avons installé ces nouvelles caisses automatiques" !!! Le
chariot plein est resté dans le magasin. Plus largement dans les sociétés, et
plus que jamais dans nos sociétés contemporaines, on peut s'étonner avec Ernst
Bloch que les travailleurs ne préfèrent pas dans tous les cas "le banco d'une
barricade à leur vie de chiens". Il n'y a certainement rien de surprenant.
Rompu à des siècles de dressage et d'esclavage, la victime demeure si
intimement persuadée qu'elle sera bernée qu'elle fait tout pour qu'il en soit
ainsi. Elle serait déçue s'il en allait autrement et pour le coup se
révolterait. Sinon comment comprendre les résultats des dernières élections
européennes qui placent en tête les représentants d'un gouvernement organisé en
entreprise de déconstruction d'un univers social qui est déjà loin de placer
l'humain au centre des préoccupations.
J'allais presque oublier que le mois de Juin est un mois
anniversaire : un an déjà que je regarde de loin une petite astéroïde
- EPA ISTA- qui voudrait qu'on
la prenne pour une planète....... Non! je ne ferais pas d'association d'idée
entre planète, singes et éleveur!
Ressources : Propos intempestifs sur le Tchouang Tseu - Jean LEVY -
Edition ALLIA.
lundi 1 juin 2009
Par dmej le lundi 1 juin 2009, - Do (道)

Un exemple de convergence dans les modes de pensée. Voici une définition de
l'efficacité qui s'accorde pleinement, selon moi, au qualificatif
"traditionnel" et complète la "traduction" de l'idéogramme Do 道 lorsqu'il a le
sens de manière de faire, façon de procéder.
« Être efficace n’est plus alors réaliser une réussite sociale dans une
société définie, dans un contexte géoclimatique et historique particulier.
L’efficacité consiste en fait à accorder ses actions à la structure du monde,
structure qui devient la recherche essentielle et jamais finie de la vie
humaine. Elle ne s’inspire du passé que pour mieux formuler l’avenir. Elle
s’insère dans la durée et non dans l’instant (….). Elle ne recherche pas la
rentabilité car elle ne facilite pas la survie immédiate, elle satisfait
rarement le besoin de domination, elle ne défend aucun territoire et accepte le
combat que contrainte par l’environnement. En fait, sa fonction essentielle est
la généralisation : généraliser consiste pour nous à créer de nouveaux
ensembles de relations, c’est-à-dire de nouvelles structures qui englobent les
ensembles préexistants, dont les caractéristiques essentielles sont déjà
connues. »
Henri LABORIT - Biologie et structure - Gallimard -1968.
dimanche 10 mai 2009
Par dmej le dimanche 10 mai 2009, - WAZA (技)
"waza" 技, technique en japonais, est
le titre de la nouvelle rubrique consacrée aux techniques d'aïkido mise en
ligne aujourd'hui. Avant d'entrer dans le vif du sujet je livre à votre
réflexion trois extraits du Tchouang-Tseu (chapitres 3b, 13i et 19g) puis, en
conclusion un extrait de "Budo" du Fondateur de l'aïkido Morihei Ueshiba.

Le cuisinier Ting dépeçait un boeuf pour le prince Wen-houei. On entendait
des houa quand il empoignait de la main l'animal, qu'il retenait sa masse de
l'épaule et que, la jambe arqueboutée, du genou l'immobilisait un
instant.(...)
- C'est admirable ! s'exclama le prince, je n'aurais jamais imaginé
pareille technique !
Le cuisinier posa son couteau et répondit : Ce qui intéresse votre
serviteur, c'est le fonctionnement des choses, non la simple technique. Quand
j'ai commencé à pratiquer mon métier, je voyais tout le boeuf devant moi. Trois
ans plus tard, je n'en voyais plus que des parties. Aujourd'hui, je le trouve
par l'esprit sans plus le voir de mes yeux. Mes sens n'interviennent plus, mon
esprit agit comme il l'entend et suit de lui-même les linéaments du boeuf.
Lorsque ma lame tranche et disjoint, elle suit les failles et les fentes qui
s'offrent à elle. Elle ne touche ni aux veines, ni aux tendons, ni à
l'enveloppe des os, ni bien sûr à l'os même (...) Quand je rencontre une
articulation, je repère le point difficile, je le fixe du regard et, agissant
avec une prudence extrême, lentement je découpe. (...). Mon couteau à la main,
je me redresse, je regarde autour de moi, amusé et satisfait, et après avoir
nettoyer la lame, je le remets dans le fourreau. (…)
...] Le duc de Houan lisait dans la salle, le charron Pien tallait une roue
au bas des marches. Le charron posa son ciseau et son maillet, monta les
marches et demanda au duc : Puis-je vous demander ce que vous lisez ?
- Les paroles des grands hommes, répondit le duc. - Sont-ils encore en
vie ? - Non, ils sont morts. - Alors ce que vous lisez-là, ce sont les
déjections des Anciens ! - Comment un charron ose t-il discuter ce que je
lis ! répliqua le duc ; si tu as une explication, je te ferai
grâce ; sinon tu mourras ! - J'en juge d'après mon expérience,
répondit le charron. Quand je taille une roue et que j'attaque trop doucement,
mon coup ne mord pas. Quand j'attaque trop fort, il s'arrête (dans le bois).
Entre force et douceur, la main trouve, et l'esprit répond. Il y a là un tour
que je ne puis exprimer par des mots, de sorte que je n'ai pu le transmettre à
mes fils, que mes fils n'ont pu le recevoir de moi et que, passé le
septantaine, je suis encore là à tailler des roues malgré mon grand âge. Ce
qu'ils ne pouvaient transmettre, les Anciens l'on emporté dans la mort. Ce ne
sont que leurs déjections que vous lisez là.
Confucius admirait les chutes de Lü-leand. L'eau tombait d'une hauteur de
trois cent pieds et dévalait ensuite en écumant sur quarante lieues. Ni tortues
ni crocodiles ne pouvaient se maintenir à cet endroit, mais Confucius aperçut
un homme qui nageait là. Il cru que c'était un malheureux qui cherchait la mort
et dit à ses disciples de longer la rive pour se porter à son secours. Mais
quelques centaines de pas plus loin, l'homme sortit de l'eau et, les cheveux
épars, se mit à se promener sur la berge en chantant. Confucius le rattrapa et
l'interrogea : "Je vous ai pris pour un revenant mais, de près, vous
m'avez l'air d'un vivant. Dites-moi : avez-vous une méthode pour surnager
ainsi ? - Non, répondit l'homme, je n'en ai pas. Je suis parti du donné,
j'ai développé un naturel et j'ai atteint la nécessité. Je me laisse happer par
les tourbillons et remonter par le courant ascendant, je suis les mouvements de
l'eau sans agir pour mon propre compte. - Que voulez-vous dire par :
partir du donné, développer un naturel, atteindre la nécessité ?" demanda
Confucius. L'homme répondit : "Je suis né dans ces collines et je m'y suis
senti chez moi : voilà le donné. J'ai grandi dans l'eau et je m'y suis peu
à peu senti à l'aise : voilà le naturel. J'ignore pourquoi j'agis comme je
le fais : voilà la nécessité".
Notre activité a deux régimes : le «céleste» et l’ «humain». Tchouang-tseu range dans la catégorie du «céleste» ceux de nos actes qui sont à la fois efficaces et spontanés, dans celle de l’«humain» ceux qui sont voulus et calculés, et par conséquent moins efficaces, voire inefficaces ou malencontreux. Quand l'acte est « du ciel », il résulte spontanément de la conjonction de toutes les facultés et de toutes les ressources qui sont en nous, de celles que nous connaissons aussi bien que de celles qui nous sont cachées. L’acte est, en ce sens, entier. Il est nécessaire en ce qu’il résulte d’une nécessité que nous ne contrôlons pas. Quand l’acte est « de l’homme », par contre, il n’est ni spontané, ni entier, ni nécessaire.» On ne peut pas faire abstraction de l’ humain en nous. L’homme pratiquera donc simultanément une activité «de l’homme» (calculée, prudente) et une activité «du Ciel» (spontanée et nécessaires)
Voir à ce sujet l'article "la voie du juste milieu" rubrique Do
« Quand j'ai commencé à pratiquer mon métier, je voyais tout le boeuf devant moi »-
« Trois ans plus tard, je n'en voyais plus que des parties. ». .
« Ce qui intéresse votre serviteur, c'est le fonctionnement des choses, non la simple technique. ».« Aujourd'hui , (…) Mes sens n'interviennent plus, mon esprit agit comme il l'entend et suit de lui-même les linéaments du boeuf. ». I
« Quand je rencontre une articulation, je repère le point difficile, je le fixe du regard et, agissant avec une prudence extrême, lentement je découpe. »
Parfois après avoir exécuté une technique ne nous est-il pas arrivé de
réagir comme le cuisinier Ting qui, sa tâche accomplie, "se redresse, son
couteau à la main, et regarde autour de lui, amusé et satisfait" ?
Comme le charron, il y a des "tours que nous ne pouvons pas exprimer par des
mots". Nous ne pouvons même pas les transmettre du tout. Comment par exemple
expliquer oralement ou par écrit comment faire du vélo ? Nous avons fait
la conquête de se savoir faire par nous même en affrontant toutes les
difficultés initiales. Par approximations successives "La main trouve" et
"l'esprit répond", il enregistre les résultats et tire peu à peu le geste
efficace.
Le véritable savoir-faire est paradoxalement intransmissible, le maître
"senseï" 先生 ,qui est "celui qui est né avant" c'est à dire "celui qui a
expérimenté avant", ne pourra que guider l'apprenti, pour l'aider à comprendre
ses erreurs et en tirer plus rapidement des leçons. On comprendra mieux le
dédain exprimé par le charron Pien vis vis des livres "les déjections des
anciens", point de vue largement partagé dans les arts traditionnels de tous
les horizons géographiques.
Une fois encore, l'homme dont il est question fait preuve d'une grande
maîtrise qu'il ne peut pas expliquer :
« Dites-moi : avez-vous une méthode pour surnager ainsi ? - Non,
répondit l'homme, je n'en ai pas. »
« Je suis parti du donné, ». C'est à dire ce qui était au
départ.
« j'ai développé un naturel et j'ai atteint la nécessité. »
L'art, dit en substance le nageur, consiste à faire fond sur ces données là, à
développer par l'exercice assidu un naturel qui permet de répondre aux courants
et aux tourbillons, autrement dit de nager de façon nécessaire.
On notera que dans les trois cas, un homme est absorbé par l'exercice de son
art, il s'exprime avec peu de mots, de façon concise. Il n'a rien à prouver, la
démonstration qu'il vient de faire est suffisante. Tchouang-tseu propose des
situations totalement improbables dans la chine de l'époque : qui est un
artisan, qui est un homme du peuple, et s'adresse a des souverains fameux dans
les deux premiers cas et à Confucius dans le troisième. La maîtrise de leur art
leur a donné aux trois une complète indépendance et une parfaite
lucidité.
Les six
préceptes écrits par Me Ueshiba dans le début des années 30 sont repris dans
cet ouvrage.
Au Point 4 « précautions à prendre pour l'entrainement » Me
Ueshiba nous dit : « L'instructeur ne peut communiquer qu'une
petite partie du savoir : ce n'est que par un entrainement incessant que
vous obtiendrez l'expérience nécessaire pour pénétrer les mystères. Votre étude
désormais ne doit pas chercher à retenir un grand nombre de techniques
diffrentes. Une par une appropriez vous chacune d'elle. »
En conclusion du premier chapitre on peut lire :
« chacune des explications est l'essence des dix mille techniques. Toutes
les techniques martiales viennent des mêmes principes premiers. Bien sûr,
l'ensemble des détails de la stratégie et de la nomenclature technique ne peut
pas être traité dans les livres. »
Leçons sur
Tchouang-Tseu.
il s'agit d'une introduction au philosophe chinois Tchouang-Tseu, mort sans
doute vers 300 av. J-C. Un auteur réputé très difficile, parfois même
incompréhensible. Comment donc, dit en substance Jean-François Billeter, cette
prétendue illisibilité est surtout affaire de préjugés et de paresse : les
traductions sont mauvaises et les auteurs qui ont écrit depuis toujours sur
Tchouang-Tseu l'ont fait pas tant à partir de la source que des écrits d'un
certain Kouo Siang mort lui en 310 de notre ère et qui constituent un
affadissement, voire même un détournement de la pensée de Tchouang-Tseu. Fort
de ces intuitions, Jean François Billeter est reparti du début. Ou plus
exactement c'est en fréquentant la source, en traduisant divers passages pour
son plaisir et pour en discuter avec un ami, que petit à petit, il s'est rendu
compte des multiples trahisons dont Tchouang-Tseu faisait l'objet. Il a donc
repris le texte, il en a retraduit des passages entiers et est parti de cette
idée très simple qu'un philosophe écrit à partir de son expérience propre. Que
donc Tchouang-Tseu interrogeait son expérience, la plus simple, la plus proche
et qu'il fallait essayer de comprendre laquelle. Le propos et la démarche de
l'auteur sont lumineux : un montage de quelques textes retraduits (au
demeurant de toute beauté !), avec une gradation, pour faire comprendre comment
procède Tchouang Tseu et ce qu'il dit de l'expérience de la vie, de
l'apprentissage d'une tâche, de l'attitude de l'homme vis-à-vis de l'activité,
etc. On part du très concret, un boucher dépeçant un boeuf et l'on vient au
plus profond de la tradition chinoise avec le secret de l'autonomie.
Les explications concernant les choix de traduction sont un véritable régal.
Vous pouvez vous procurer cet ouvrage (pour à peine plus de 6
euros) édité dans l'excellente collection Allia chez tous les grands
distributeurs, mais je vous invite à privilégier des circuits plus "artisanaux"
deux librairies également sur sur le Web:
A Lyon : Librairie
Cadence
A Paris : Librairie Le
phénix.
Concernant l'oeuvre de Tchouang-Tseu :
Philosophes taoïstes "la pléiade" : Sont réunis Tchouang-Tseu, Lao-Tseu et
Lie-Tseu. Abord assez difficile, peu d'explications.
Sur le web, http://fr.wikisource.org/wiki/Œuvre_de_Tchoang-tzeu :
traduction de L Wieger; La encore aucune explication. On pourra faire un
comparatif avec la traduction de F Billeter.
dimanche 19 avril 2009
Par dmej le dimanche 19 avril 2009, - Do (道)

Une des caractéristiques d'un art traditionnel est de de tenter de concilier
les opposés. La voie du "juste milieu" consiste à trouver la place idéale,
située entre deux extrêmes.
La tradition orientale place l'homme entre terre et ciel. Ci contre, le schéma
(simplifié) symbolique de l'homme représenté entre sol et terre est attribué à
Mencius (Mèng Zi), penseur chinois qui vécu quatre siècles avant notre
ère. Par cette symbolique l'homme s'inscrit dans un espace temps, il est placé
entre ces deux pôles, que sont le sol et ciel, et auxquels sont associés des
qualités et des caractéristiques propres aux images qu'ils peuvent
évoquer.
Le trait placé au centre du schéma, représente la "voie du juste
milieu", l'équilibre à trouver entre les deux pôles.
Les analogies qui en découlent touchent tout ce qui recouvre l'activité humaine
au sens large.
Dans cet article nous limitons le sujet aux problématiques de l'apprentissage,
situation où nous nous trouvons placé entre deux pôles qui correspondent à deux
modes d'acquisition de la connaissance
Le sol qu'on arpente a la particularité de pouvoir être mesuré, la
terre est donc associée a un carré, en référence au terrain que l'on
découpe en parcelles. Tout ce qui ce qui est mesurable, quantitatif,
manifesté, cartésien, séquentiel, lui est rattaché. La partie
inférieure du schéma de Mencius possède des angles vifs. Traditionnellement on
dit que les pieds de l'homme sont "carrés" pour épouser le sol et ainsi pouvoir
absorber les qualités propres à la terre. Les gloses indiquent que le point
d'acupuncture "Yong quan", le premier point du méridien du rein, qui est situé
sous la plante du pied est "comme une source qui jaillit du sol et
s'élève"....
La méthode d'apprentissage qui correspond est une démarche qui peut
être comparée aux déplacements d'une tortue qui va lentement d'un objet à
l'autre sans en voir les rapports puisqu'elle procède par
succession.
Dans la pratique de l'aïkido, c'est l'étude et
l'appropriation de chacun des gestes de base, de la bio-mécanique des
techniques de base qu'il faut acquérir au jour le jour, millimètre par
millimètre, sans fléchir.
A ce stade de la connaissance, l'appropriation de chacune des techniques du
"catalogue", la quantité de techniques est ressentie comme mesurable,
quantifiable. C'est la période de la tentation d'apprendre le plus grand nombre
techniques possibles, de se cantonner à leur étude sans voir les rapports entre
elles. L'excès peut conduire, entre autre, à un bachotage pour obtenir des
grades, ou plus grave, va enfermer le pratiquant dans une dépendance du modèle
et inhiber sa créativité, son autonomie potentielle. En d'autre termes l'idée
de trouver des solutions à ses problèmes personnels par l'expérimentation n'est
pas envisagée.
Nous appréhendons le ciel en regardant la voûte céleste c'est pourquoi,
le ciel sera associé au cercle. Le ciel tout comme l'espace et
par conséquent le temps ne se mesurent pas. Le temps se jalonne, en années,
jours, heures, etc. La mesure d'un cercle n'est qu'une approximation dépendante
du nombre Pi. Tout ce qui est non mesurable, qualitatif,
subtil, spontané, intuitif est rattaché au ciel. La partie supérieure
du schéma est circulaire, tournée vers le haut comme un
réceptacle.Traditionnellement on dit que la boite crânienne est ronde pour
épouser la voûte céleste.
La méthode d'apprentissage qui correspond est une démarche qui peut
être comparée à celle de l'aigle qui en s'élevant saisit d'un seul coup d'oeil
l'ensemble de se qui se trouve sous lui, les relations entre les éléments, et
par là pourra en déduire des règles, des lois, ou à minima les
comprendre.
Dans la pratique de l'aïkido, c'est rechercher, aux travers
des bases, tous les points communs entre les techniques, repérer ce qui
fonctionne quelle que soit la situation. Travailler une technique (avec ou sans
arme) dans cet esprit, et c'est toute la discipline qui sera mise en oeuvre. A
ce stade, l'aïkidoka comprend que le nombre de technique est illimité, que
chaque situation apporte des variations qui ne peuvent être pas appréhendées
par des réponses clés en main sorties d'une panoplie.
C'est la partie essentielle de l'étude, qualitative, plus subtile, elle n'est
pas mesurable.
Attention! Ne pas oublier ou ignorer la démarche de la tortue "parce qu'on a
de l'expérience" : analyse (carré) et synthèse (cercle) sont
complémentaires, l'un ne remplacera jamais l'autre. De la même manière, il est
impossible de transformer un cercle en carré d'égale surface, et inversement
(quadrature du cercle)... C'est tout l'art d'un apprentissage bien
conduit.
Un déséquilibre engendre une pratique approximative, qui se satisfait de
situations sécurisantes et au pire dégénère dans des délires, des
"aïkido-danse", des "aïkido-ésotéro-mystique", etc
Le calligraphe doit avoir le dos entièrement actif et adopter pour cela une posture tout à fait droite. S'il s'adossait ou s'appuyait du coude gauche sur la table, l'aisance et l'assurance de son geste seraient tout de suite compromises, la musculature du dos se relâcherait et cesserait de fournir l'énergie nécessaire à l'acte d'écrire. (...) il plante les pieds sur le sol de part et d'autre de l'axe central. Ce contact avec le sol lui permet de contrôler la verticalité de sa posture, de se passer de tout appui au-dessus de la taille et d'avoir une complète liberté de mouvement dans le haut du corps. (..) et de mettre la plus grande part de ses ressources au service du geste. (...) Cette manière de se tenir favorise une respiration régulière et profonde (..).
Dans : L'art chinois de l'écriture - JF Billeter.
Les caractères sont composés à partir de huit traits élémentaires
traditionnels (le décompte arithmétique est de douze). Une dizaine de règles
régissent l'ordre dans lequel chaque trait sera tracé. La rigueur dans l'ordre
des traits assure qu'un même caractère est exécuté d'un même geste par tout le
monde et que, ce même geste entraînant les mêmes liaisons, le caractère reste
reconnaissable même lorsqu'il est écrit très vite. Ci après le même terme
"aïkido" écrit de plusieurs manières.




C'est à travers une calligraphie réalisée avec le pinceau, outil traditionnel,
que le caractère libérera toute son expression.
Chaque caractère est considéré comme un être vivant, il doit être centré,
autonome, chaque trait est une ligne de force qui concourt à l'équilibre
d'ensemble. Lorsqu'il fait partie d'un ensemble, d'un texte, l'espace vital de
chacun d'eux doit être préservé, son autonomie ne doit pas nuire à l'équilibre
général.
Tandis que la calligraphie occidentale produit des formes arrêtées (1), la
calligraphie et l'écriture chinoise ou japonaise est par essence un art du
geste dont la rigueur de l'apprentissage tranche avec la spontanéité qu'il
génère.
(1) la calligraphie occidentale est soit une écriture appliquée, stylisée,
soit enjolivée de paraphes ou d'autres ornements ; à l'inverse de
l'écriture chinoise, elle élimine les traits individuels, elle est
impersonnelle.

Pour finir, voici comment moins massacrer les 3 kanjis qui composent
"aïkido"... en utilisant les traits de base et respectant l'ordre de leur
tracé...

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