AikiAutrement

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dimanche 30 mai 2010

Aperçus de la vie de Maître Ueshiba, première partie.

La vie du fondateur de l'Aïkido sous la forme d'une carte mentale.

Voici un exemple de la force des Mindmap pour présenter des d'événements multiples et interdépendants.
Dans cette carte sont mis en regard, sur la gauche les grandes dates qui ont marqués l'histoire du Japon durant la vie du fondateur. Par le jeu des couleurs on peut mettre en rapport ces événements historiques avec le cheminement de Morihei Ueshiba : les grands moments de sa vie familiale, professionnelle et bien entendu avec sa recherche martiale et spirituelle.
Dans cette première publication, seules les branches milieu familial, et vie sociale (sous branches éducation et parcours professionnel), sont dépliées.

La carte est présentée au format jpg ("image cliquable", ci dessous) et au format "pdf" en annexe.
Aikido_histoire_Maitre_UESHIBA1.jpg

dimanche 28 mars 2010

Omoté-Ura, Yin-Yang

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les notions de  omoté et ura , ne sont pas réservées aux techniques d’aïkido ou à son vocabulaire.
La philosophie et les sciences antiques, nous placent en face d’une pelote de laquelle il n’est pas aisé de tirer les fils pour en démêler le sens : les différents constituants, pris isolement sont très simples, la complexité réside en un ensemble d’interaction et d’interdépendance. Omoté et Ura sont intimement liés à la théorie du Yin /Yang qui découle de celle du Ki (Qi) et du Do (Tao).

Dans la société japonaise.

Omoté et Ura qui désignent respectivement l’endroit - le recto - et l’envers- le verso- ce sont des termes qui caractérisent la double structure de la mentalité japonaise : la façade (Tatamaé) – principe de convenance sociale - et la vérité individuelle (Honné). Le côté « envers », ura, est le plus important, il a un caractère formel et codifié, c’est ce que l’on ne dit pas officiellement mais c’est ce qu’il faut comprendre.
Omoté est un des nombreux mots japonais qui signifie visage, « ce qu’on laisse paraitre »….

Dans la pensée chinoise ancienne.

La translittération chinoise l’idéogramme 表 (omoté)se prononce Biao et l’idéogramme 裏 (ura) se prononce Li. Dans la médecine traditionnelle chinoise, Biao et Li représentent plus que l’endroit et la doublure(1) « c’est le lien qui structure l’ensemble corporel », c’est un des binômes des huit principes du diagnostic où l’on classe, en fonction des leur qualité Yin/Yang, les couples Biao/Li (externe-superficie) ; Shi/Xu (excès- faiblesse) et He/Han (chaud-froid).

Dès leur origine les arts martiaux japonais – Bu Jitsu – ont placé au centre de leur stratégie le principe du Yin-Yang.

Dans les écoles de l’art du sabre, garde haute (Yang dans le Yang), s’opposait à la garde basse (Yin dans le Yin) ou à la garde intermédiaire (entre yin et Yang). Vaincre en ayant recours au Yin ou au Yang : lorsque l’adversaire fait preuve de Yin il faut le vaincre par le Yang, lorsque l’adversaire fait preuve de Yang il faut le vaincre par le Yin.
L’AIKI IN YO HO, portait dans son appellation cette préoccupation : IN est la translitération japonaise de l’idéogramme Yin, et YO celle de l’idéogramme Yang. Le Daïto Ryu et le Takeda Ryu qui ont fortement influencés Me Ueshiba sont en filiation directe avec cet art ancien.

Yin-Yang, une dialectique qui n’a rien d’ésotérique ou de mystique.

Etymologiquement, YIN représente le côté à l'ombre de la colline, L'ubac.
Idée générale : ombre, interne, froid, repos, régression, quantitatif.
YANG représente le côté ensoleillé de la colline, L'adret.
Idée générale : clarté, externe, chaud, activité, progression, qualitatif.

Etymologie__ideogrammes__Yin-Yang.jpg

Yin et Yang sont comme des « flash » qui permettent d’apercevoir une succession d’état que l’on observe et que l’on voudrait décrire.
Deux figures géométriques proposent une représentation graphique des variations du Yin-Yang : le Taï Ji et le Ho Tou. La première, Taï Ji, rend compte des phénomènes cycliques (alternance jour-nuit, rythme des saisons, ….), la seconde, Ho Tou, de la variation des états énergétiques.

Representations_graphiques_Yin_Yang.jpg

La dialectique du Yin-Yang est comme un « outil » qui permet de classer des objets, des états et des phénomènes.
Les deux modalités Yin-Yang sont complémentaires et opposés simultanément. Jamais de Yin sans Yang et jamais de Yang sans Yin.
Yang suggère ce qui est actif, lumineux, chaud, externe, léger.
Yin suggère ce qui est passif, sombre, froid, interne, lourd.
Tout est relatif, l’utilisation de la dialectique du Yin-Yang n’a de pertinence que dans la mesure où la référence, la donnée stable, est précisée. Ainsi l’eau tiède sera Yang par rapport à l’eau froide, et sera Yin par rapport à l’eau chaude.
Ci-dessous, quelques correspondances que l’on peut placer dans le cadre de la pratique de l’Aïkido.

correspondances_Yin-Yang.jpg

(1) Aperçus de Médecine chinoise traditionnelle – J Schatz, C Larre et E Rochat de la Vallée.

mercredi 9 décembre 2009

Recueil de conférences de Maître Ueshiba Morihei

TAKEMUSU-AIKI-1.jpgUn ouvrage en 5 volumes dont les deux premiers ont déjà été édités, le troisième est actuellement en cours de traduction et sera publié dans le courant du premier semestre 2010.

Recommandation de Maître TAMURA Nobuyoshi : "Les écrits de Maître Ueshiba sont extrêmement rares et ces notes en sont d'autant plus précieuses.C'est avec émotion que je pense à ces textes qui me font retourner au temps où, uchi deshi, j'ai entendu O Sensei exposer ces sujets au Dôjô, à ses invités et lors de ses voyages. Ce fut pour moi une grande chance et j'en suis toujours très reconnaissant. Ces derniers temps de plus en plus de livres traitant de l'aikido sont publiés mais bien peu s'approchent de sa Substantifique moelle. Qu' aujourd'hui l'on puisse avoir accès à un texte aussi essentiel est remarquable.

On ne pas nier que la littérature "aïkido" offre un paysage morne : des ouvrages bâtis sur un format uniformisé, avec un objectif ultime, la promotion de tel ou tel individu ou groupes d'individus.....Je n'ai pas encore eu entre les mains les 2 ouvrages déjà parus, mais c'est sans hésitation que je répond favorablement à la demande des Editions du Cénacle de France : je vous indique le lien pour en savoir plus :
www.livre-aikido.com
A chacun de se faire une opinion.

dimanche 23 août 2009

Cahier N°1 AIKI-DO 合氣 道

DO_Kanji_ancien.jpgJe vous propose désormais en téléchargement (version PDF imprimable) une série de "cahier" qui reprendra tout ou partie - avec parfois des ajouts - les articles de ce blog.

Pour télécharger le document : en bas de l'article, clic sur "annexe".

Sommaire du cahier n°1

Le point de départ de ce premier cahier c'est les trois caractères合氣 道, kanji ou encore sinogrammes, qui composent «  Aïkido ». Le parcours proposé passe de la signification à l'étymologie, à la graphie des caractères, à leur histoire , à des détours vers la pensée ou des pratiques chinoises anciennes, (Qi Gong, Calligraphie, « Acupuncture ».,..), vers des principes de l'aïkido : Omoté/Ura, Ki no Nagare, …

Format, principe .

L'approche, l'étude et l'apprentissage de l'aïkido dit « traditionnel » n'ont pas la linéarité à laquelle nous sommes habitué. Par nature un art ne peut pas et ne doit pas se laisser enfermer dans des normes. L'idée de base est d'adapter le format écrit à ces caractéristiques : dans ces cahiers, ne cherchez pas des chapitres, sous chapitres et paragraphes numérotés, il n'y en a pas.
Entreprendre l'étude de l'aïkido c'est explorer des strates, n'en retenir et n'en comprendre que des fragments, revenir sur chacune d'elles, qui, comme autant de poupées russes emboitées les unes dans les autres, s'ingénient à nous apporter plus de questions que de réponses. J'ai également choisi de donner une place centrale à la découverte de la langue japonaise – dans sa spécificité d'écriture figurative - pour tenter d'accéder à une culture dans laquelle l'aïkido puise ses origines, culture que nous appréhendons, si nous n'y prenons garde, au travers de préjugés, de prismes déformant, d'idées reçues prises comme certitudes. Autant d'approximations qui sont des freins : l'étude de l'aïkido, ne supporte pas la simplification ou la vulgarisation, il faut oeuvrer en profondeur, et qui dit en profondeur voit facilement l'obscurité.


Pour remettre les choses à leur juste place!

L'AïKi ne peut se résumer,
En écrits ou paroles,
Sans dissertation inutile,
La compréhension viendra de la pratique.

Moriheï UESHIBA.

dimanche 10 mai 2009

L'aïkido se pratique.

waza.png "waza" 技, technique en japonais, est le titre de la nouvelle rubrique consacrée aux techniques d'aïkido mise en ligne aujourd'hui. Avant d'entrer dans le vif du sujet je livre à votre réflexion trois extraits du Tchouang-Tseu (chapitres 3b, 13i et 19g) puis, en conclusion un extrait de "Budo" du Fondateur de l'aïkido Morihei Ueshiba.

tchouangtseu.png

Le fonctionnement des choses.

Le cuisinier Ting dépeçait un boeuf pour le prince Wen-houei. On entendait des houa quand il empoignait de la main l'animal, qu'il retenait sa masse de l'épaule et que, la jambe arqueboutée, du genou l'immobilisait un instant.(...)
- C'est admirable ! s'exclama le prince, je n'aurais jamais imaginé pareille technique !
Le cuisinier posa son couteau et répondit : Ce qui intéresse votre serviteur, c'est le fonctionnement des choses, non la simple technique. Quand j'ai commencé à pratiquer mon métier, je voyais tout le boeuf devant moi. Trois ans plus tard, je n'en voyais plus que des parties. Aujourd'hui, je le trouve par l'esprit sans plus le voir de mes yeux. Mes sens n'interviennent plus, mon esprit agit comme il l'entend et suit de lui-même les linéaments du boeuf. Lorsque ma lame tranche et disjoint, elle suit les failles et les fentes qui s'offrent à elle. Elle ne touche ni aux veines, ni aux tendons, ni à l'enveloppe des os, ni bien sûr à l'os même (...) Quand je rencontre une articulation, je repère le point difficile, je le fixe du regard et, agissant avec une prudence extrême, lentement je découpe. (...). Mon couteau à la main, je me redresse, je regarde autour de moi, amusé et satisfait, et après avoir nettoyer la lame, je le remets dans le fourreau. (…)

La main trouve et l'esprit répond.

...] Le duc de Houan lisait dans la salle, le charron Pien tallait une roue au bas des marches. Le charron posa son ciseau et son maillet, monta les marches et demanda au duc : Puis-je vous demander ce que vous lisez ? - Les paroles des grands hommes, répondit le duc. - Sont-ils encore en vie ? - Non, ils sont morts. - Alors ce que vous lisez-là, ce sont les déjections des Anciens ! - Comment un charron ose t-il discuter ce que je lis ! répliqua le duc ; si tu as une explication, je te ferai grâce ; sinon tu mourras ! - J'en juge d'après mon expérience, répondit le charron. Quand je taille une roue et que j'attaque trop doucement, mon coup ne mord pas. Quand j'attaque trop fort, il s'arrête (dans le bois). Entre force et douceur, la main trouve, et l'esprit répond. Il y a là un tour que je ne puis exprimer par des mots, de sorte que je n'ai pu le transmettre à mes fils, que mes fils n'ont pu le recevoir de moi et que, passé le septantaine, je suis encore là à tailler des roues malgré mon grand âge. Ce qu'ils ne pouvaient transmettre, les Anciens l'on emporté dans la mort. Ce ne sont que leurs déjections que vous lisez là.

Le naturel et la nécessité.

Confucius admirait les chutes de Lü-leand. L'eau tombait d'une hauteur de trois cent pieds et dévalait ensuite en écumant sur quarante lieues. Ni tortues ni crocodiles ne pouvaient se maintenir à cet endroit, mais Confucius aperçut un homme qui nageait là. Il cru que c'était un malheureux qui cherchait la mort et dit à ses disciples de longer la rive pour se porter à son secours. Mais quelques centaines de pas plus loin, l'homme sortit de l'eau et, les cheveux épars, se mit à se promener sur la berge en chantant. Confucius le rattrapa et l'interrogea : "Je vous ai pris pour un revenant mais, de près, vous m'avez l'air d'un vivant. Dites-moi : avez-vous une méthode pour surnager ainsi ? - Non, répondit l'homme, je n'en ai pas. Je suis parti du donné, j'ai développé un naturel et j'ai atteint la nécessité. Je me laisse happer par les tourbillons et remonter par le courant ascendant, je suis les mouvements de l'eau sans agir pour mon propre compte. - Que voulez-vous dire par : partir du donné, développer un naturel, atteindre la nécessité ?" demanda Confucius. L'homme répondit : "Je suis né dans ces collines et je m'y suis senti chez moi : voilà le donné. J'ai grandi dans l'eau et je m'y suis peu à peu senti à l'aise : voilà le naturel. J'ignore pourquoi j'agis comme je le fais : voilà la nécessité".

Trois textes qui décrivent des aspects de l'apprentissage.

Notre activité a deux régimes : le «céleste» et l’ «humain». Tchouang-tseu range dans la catégorie du «céleste» ceux de nos actes qui sont à la fois efficaces et spontanés, dans celle de l’«humain» ceux qui sont voulus et calculés, et par conséquent moins efficaces, voire inefficaces ou malencontreux. Quand l'acte est « du ciel », il résulte spontanément de la conjonction de toutes les facultés et de toutes les ressources qui sont en nous, de celles que nous connaissons aussi bien que de celles qui nous sont cachées. L’acte est, en ce sens, entier. Il est nécessaire en ce qu’il résulte d’une nécessité que nous ne contrôlons pas. Quand l’acte est « de l’homme », par contre, il n’est ni spontané, ni entier, ni nécessaire.» On ne peut pas faire abstraction de l’ humain en nous. L’homme pratiquera donc simultanément une activité «de l’homme» (calculée, prudente) et une activité «du Ciel» (spontanée et nécessaires)

Voir à ce sujet l'article "la voie du juste milieu" rubrique Do

Les stades de l'apprentissage.

  • Comme le cuisinier Ting, le débutant ne sait pas par où commencer tant la tâche semble ardue et pétrie d'inconnues. Il faut se familiariser avec des gestes de base, réussir à coordonner ses mouvements,....

« Quand j'ai commencé à pratiquer mon métier, je voyais tout le boeuf devant moi »-

  • Au bout d'un certains temps, le débutant pourra devenir plus exigeant sur le résultat de chacun des gestes en conformité avec le modèle qu'il a sous les yeux

« Trois ans plus tard, je n'en voyais plus que des parties. ». .

  • Il faut observer et expérimenter par soi même, explorer toutes les composante du geste.

« Ce qui intéresse votre serviteur, c'est le fonctionnement des choses, non la simple technique. ».« Aujourd'hui , (…) Mes sens n'interviennent plus, mon esprit agit comme il l'entend et suit de lui-même les linéaments du boeuf. ». I

  • Même lorsque l'expérience est très grande, il n'en demeure pas moins qu'il faut revenir à la technique

« Quand je rencontre une articulation, je repère le point difficile, je le fixe du regard et, agissant avec une prudence extrême, lentement je découpe. »

Parfois après avoir exécuté une technique ne nous est-il pas arrivé de réagir comme le cuisinier Ting qui, sa tâche accomplie, "se redresse, son couteau à la main, et regarde autour de lui, amusé et satisfait" ?

Le caractère intransmissible du geste

Comme le charron, il y a des "tours que nous ne pouvons pas exprimer par des mots". Nous ne pouvons même pas les transmettre du tout. Comment par exemple expliquer oralement ou par écrit comment faire du vélo ? Nous avons fait la conquête de se savoir faire par nous même en affrontant toutes les difficultés initiales. Par approximations successives "La main trouve" et "l'esprit répond", il enregistre les résultats et tire peu à peu le geste efficace.
Le véritable savoir-faire est paradoxalement intransmissible, le maître "senseï" 先生 ,qui est "celui qui est né avant" c'est à dire "celui qui a expérimenté avant", ne pourra que guider l'apprenti, pour l'aider à comprendre ses erreurs et en tirer plus rapidement des leçons. On comprendra mieux le dédain exprimé par le charron Pien vis vis des livres "les déjections des anciens", point de vue largement partagé dans les arts traditionnels de tous les horizons géographiques.

L'action spontanée comme aboutissement d'un exercice méthodique.

Une fois encore, l'homme dont il est question fait preuve d'une grande maîtrise qu'il ne peut pas expliquer :
« Dites-moi : avez-vous une méthode pour surnager ainsi ? - Non, répondit l'homme, je n'en ai pas. »
« Je suis parti du donné, ». C'est à dire ce qui était au départ.
«  j'ai développé un naturel et j'ai atteint la nécessité. » L'art, dit en substance le nageur, consiste à faire fond sur ces données là, à développer par l'exercice assidu un naturel qui permet de répondre aux courants et aux tourbillons, autrement dit de nager de façon nécessaire.

Une voie vers l'autonomie.

On notera que dans les trois cas, un homme est absorbé par l'exercice de son art, il s'exprime avec peu de mots, de façon concise. Il n'a rien à prouver, la démonstration qu'il vient de faire est suffisante. Tchouang-tseu propose des situations totalement improbables dans la chine de l'époque : qui est un artisan, qui est un homme du peuple, et s'adresse a des souverains fameux dans les deux premiers cas et à Confucius dans le troisième. La maîtrise de leur art leur a donné aux trois une complète indépendance et une parfaite lucidité.

Budo, les enseignements du fondateur de l'Aïki-do.

P4-2.jpgLes six préceptes écrits par Me Ueshiba dans le début des années 30 sont repris dans cet ouvrage.
Au Point 4 « précautions à prendre pour l'entrainement » Me Ueshiba nous dit : « L'instructeur ne peut communiquer qu'une petite partie du savoir : ce n'est que par un entrainement incessant que vous obtiendrez l'expérience nécessaire pour pénétrer les mystères. Votre étude désormais ne doit pas chercher à retenir un grand nombre de techniques diffrentes. Une par une appropriez vous chacune d'elle. »
En conclusion du premier chapitre on peut lire : « chacune des explications est l'essence des dix mille techniques. Toutes les techniques martiales viennent des mêmes principes premiers. Bien sûr, l'ensemble des détails de la stratégie et de la nomenclature technique ne peut pas être traité dans les livres. »

Ressources.

lecon_sur_tchouang_tseu.gif Leçons sur Tchouang-Tseu.
il s'agit d'une introduction au philosophe chinois Tchouang-Tseu, mort sans doute vers 300 av. J-C. Un auteur réputé très difficile, parfois même incompréhensible. Comment donc, dit en substance Jean-François Billeter, cette prétendue illisibilité est surtout affaire de préjugés et de paresse : les traductions sont mauvaises et les auteurs qui ont écrit depuis toujours sur Tchouang-Tseu l'ont fait pas tant à partir de la source que des écrits d'un certain Kouo Siang mort lui en 310 de notre ère et qui constituent un affadissement, voire même un détournement de la pensée de Tchouang-Tseu. Fort de ces intuitions, Jean François Billeter est reparti du début. Ou plus exactement c'est en fréquentant la source, en traduisant divers passages pour son plaisir et pour en discuter avec un ami, que petit à petit, il s'est rendu compte des multiples trahisons dont Tchouang-Tseu faisait l'objet. Il a donc repris le texte, il en a retraduit des passages entiers et est parti de cette idée très simple qu'un philosophe écrit à partir de son expérience propre. Que donc Tchouang-Tseu interrogeait son expérience, la plus simple, la plus proche et qu'il fallait essayer de comprendre laquelle. Le propos et la démarche de l'auteur sont lumineux : un montage de quelques textes retraduits (au demeurant de toute beauté !), avec une gradation, pour faire comprendre comment procède Tchouang Tseu et ce qu'il dit de l'expérience de la vie, de l'apprentissage d'une tâche, de l'attitude de l'homme vis-à-vis de l'activité, etc. On part du très concret, un boucher dépeçant un boeuf et l'on vient au plus profond de la tradition chinoise avec le secret de l'autonomie.
Les explications concernant les choix de traduction sont un véritable régal. Vous pouvez vous procurer cet ouvrage (pour à peine plus de 6 euros) édité dans l'excellente collection Allia chez tous les grands distributeurs, mais je vous invite à privilégier des circuits plus "artisanaux" deux librairies également sur sur le Web:
A Lyon : Librairie Cadence
A Paris : Librairie Le phénix.
Concernant l'oeuvre de Tchouang-Tseu :
Philosophes taoïstes "la pléiade" : Sont réunis Tchouang-Tseu, Lao-Tseu et Lie-Tseu. Abord assez difficile, peu d'explications.
Sur le web, http://fr.wikisource.org/wiki/Œuvre_de_Tchoang-tzeu : traduction de L Wieger; La encore aucune explication. On pourra faire un comparatif avec la traduction de F Billeter.