AikiAutrement

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dimanche 21 août 2016

Comprendre pour agir. 1ère partie : O sensei comme source de l'aïkido


Article initialement publié en 09/2015 : corrigé et enrichi avant la publication de la 2ème partie.

Article 1 : DES ORIGINES DE L'AÏKIDO A SA TRANSMISSION AUX UCHI DESHI

Tasse_the_tamura.jpg Tamura Sensei (1)

L'aïkido est la création d'O sensei! Les shin aïkido (nouvel aïkido), Tamura ryu (école Tamura) n'ont pas lieu d'être. L'aïkido c'est l'aïkido. Le travail consiste à trouver comment faire pour arriver au niveau de pratique d'O Sensei. La même tasse à thé vue par le côté, par en-dessus ou par en dessous a une forme totalement différente. Aujourd'hui, chacun persuadé d'être dans le vrai s'oppose aux autres à cause d'une vision partielle et va donc à l'encontre de l'enseignement de O sensei. Il faut ouvrir son coeur et voir que telle ou telle vision des choses peut être intéressante. Il ne faut pas être enfermé dans ses certitudes. Même si les fondamentaux doivent être respectés.



Sa diffusion hors du Japon a placé l'aïkido en situation de "produit d'importation" dépossédé de son environnement historique et culturel. Ce statut est inconfortable, il s'agit de garder son identité d'origine tout en s'adaptant au nouvel environnement culturel. Le risque c'est l'effet buvard, qui conduit sans vraiment s'en rendre compte à s'imprégner jusqu'à se calquer sur les systèmes et les modes de fonctionnement majoritairement admis sans vérifier que ceux ci ne dénaturent et ne dégradent pas l'esprit et les fondements d'origine. Très vite après son introduction en France, l'aïkido s'est retrouvé a être répertorié officiellement dans la catégorie des sports. Comme tous les arts, l'aïkido ne se laisse pas enfermer facilement dans des carcans administratifs, des normes et encore moins des dogmes. A l'image de la nature, bétonnez, goudronnez, la végétation bien que d'apparence moins robuste trouvera toujours le moyen de faire surface, ou comme la tristement célèbre firme Monsanto, arrosez les champs de cocktails de désherbant jusqu'à en perdre la raison et l'herbe revient encore plus robuste qu'avant. A ce motif qui tient une place importante dans la prolifération des écoles et courants il faut ajouter l'essor de l'aïkido qui, a lui tout seul a généré jalousie et luttes de pouvoir teintées ou pas de mercantilisme.
Toujours est il que, quelles qu'en soient les raisons, le paysage de l'aïkido en France est cacophonique et ne reflète pas vraiment la direction d'harmonie et de la paix prônés par le Fondateur. Pas simple de s'y retrouver!
Nous nous retrouvons tous plus ou moins, comme dans l'apologue de la brebis égarée tiré du Lie Tseu, tantôt dans la position interrogative des disciples, tantôt dans le doute qu'a leur maître quant au choix de la bonne direction à prendre. Selon la fable, pour ne pas se perdre face à une multitude de choix possibles, il faut remonter à la source" :

C'est à cause des multiples ramifications que la brebis a été perdue, de même que les savants perdent leur vie dans la prolifération des doctrines. Cependant elles ont une origine commune, mais en se transmettant elles en sont arrivées à diverger complètement. Seul celui qui, en remontant à l'unité, en retrouve l'identité et évitera de se perdre".

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dimanche 29 mai 2011

Ma Aï 閒合

Le Ma-Aï, tient une place centrale et fondamentale dans le Budo et dans l'entraînement de tous les arts de combat. C'est la distance qui sépare et qui unit les deux protagonistes lors d'une confrontation.
Deux kanji composent le terme Ma-Aï :
Ma, 閒 qui signifie distance, intervalle, entre, interstice, espace.
Aï, 合 qui signifie union, réunir, harmonie.
Phonétiquement, Ma-aï s'écrit « Mawaï », où le w se prononce « ou ».Dans la langue japonaise courante deux kana sont ajoutés : 間に合う pour donner le sens de « arriver à temps, être à l'heure ».

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dimanche 15 mai 2011

Cartes mentales animées

spicnodes2.gifDans leur version native (xmind, freeplane, freemind,...) les différentes branches des Mindmap se déplient ou se replient sur un simple clic. Les avantages sont évident : découverte progressive du sujet et occupation de la surface disponible de l'écran mieux maîtrisée.
Voici une des solutions alternatives pour la publication sur le web : http://www.spicynodes.org
A titre d'essais, voici une partie des cartes heuristiques publiées dans l'article: Génèse de l'Aïkido : la vie de Morihei Ueshiba.
A chacun ses goûts, trois graphismes différents :
Style 1
Style 2
Style 3

dimanche 9 janvier 2011

Aperçus d'Aïkido Traditionnel.

LOGO_GENAY.gifLe terme traditionnel est utilisé par de nombreuses écoles d'aïkido, chacune d'entre elle en a sa propre représentation, qu'elle soit affichée ou implicite, d'autres l'utilise comme simple argument de marketing. Il appartient à chacun de donner sa définition, même si celle ci ne reste qu'un aperçu : l'aïkido se pratique.
Sur le nouveau blog du Dojo de Genay, http://aiki-do.fr, voici ma définition, ce sera chose faite!
Un extrait :

Le fondateur de l'aïkido, Morihei Ueshiba, ne nous a pas légué un produit manufacturé. Pas de normes, pas de catalogue technique figé. C'est ce qui en fait la force et l'intérêt, une invitation à la créativité en prenant à contre pied le standard en vogue qui place la compétition comme moteur de la réussite et de l'épanouissement. Voici ce qu'il faut préserver.
Il ne peut pas être question de se targuer d'enseigner LE VERITABLE et AUTHENTIQUE Aïkido, c'est une chimère, une chausse trappe qu'il faut éviter. La seule voie possible est d'étudier avec une cohérence sans faille, croire en ce que l'on fait tout en respectant le travail de ceux qui ont choisi une voie différente dans leur pratique.
TRADITIONNEL, c'est le DO 道 , la manière de faire, qui se décline tant dans la pratique, que dans son cadre ou dans les concepts pédagogiques qui guident l'enseignant.

Lien vers: la suite de l'article (disponible en version PDF).

dimanche 10 octobre 2010

Génèse de l'Aïkido : la vie de Morihei Ueshiba.

Voici un exemple de la force des Mindmap pour présenter des d'événements multiples et interdépendants.

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dimanche 28 mars 2010

Omoté-Ura, Yin-Yang

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les notions de  omoté et ura , ne sont pas réservées aux techniques d’aïkido ou à son vocabulaire.
Voir étymologie dans l'article Omoté/Ura : kanji
Omoté et Ura sont intimement liés à la théorie du Yin /Yang qui découle de celle du Ki (Qi) et du Do (Tao).

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mercredi 9 décembre 2009

Recueil de conférences de Maître Ueshiba Morihei

TAKEMUSU-AIKI-1.jpgUn ouvrage en 5 volumes dont les deux premiers ont déjà été édités, le troisième est actuellement en cours de traduction et sera publié dans le courant du premier semestre 2010.

Recommandation de Maître TAMURA Nobuyoshi : "Les écrits de Maître Ueshiba sont extrêmement rares et ces notes en sont d'autant plus précieuses.C'est avec émotion que je pense à ces textes qui me font retourner au temps où, uchi deshi, j'ai entendu O Sensei exposer ces sujets au Dôjô, à ses invités et lors de ses voyages. Ce fut pour moi une grande chance et j'en suis toujours très reconnaissant. Ces derniers temps de plus en plus de livres traitant de l'aikido sont publiés mais bien peu s'approchent de sa Substantifique moelle. Qu' aujourd'hui l'on puisse avoir accès à un texte aussi essentiel est remarquable.

On ne pas nier que la littérature "aïkido" offre un paysage morne : des ouvrages bâtis sur un format uniformisé, avec un objectif ultime, la promotion de tel ou tel individu ou groupes d'individus.....Je n'ai pas encore eu entre les mains les 2 ouvrages déjà parus, mais c'est sans hésitation que je répond favorablement à la demande des Editions du Cénacle de France : je vous indique le lien pour en savoir plus :
www.livre-aikido.com
A chacun de se faire une opinion.

dimanche 23 août 2009

Cahier N°1 AIKI-DO 合氣 道

DO_Kanji_ancien.jpgJe vous propose désormais en téléchargement (version PDF imprimable) une série de "cahier" qui reprendra tout ou partie - avec parfois des ajouts - les articles de ce blog.

Pour télécharger le document : en bas de l'article, clic sur "annexe".

Sommaire du cahier n°1

Le point de départ de ce premier cahier c'est les trois caractères合氣 道, kanji ou encore sinogrammes, qui composent «  Aïkido ». Le parcours proposé passe de la signification à l'étymologie, à la graphie des caractères, à leur histoire , à des détours vers la pensée ou des pratiques chinoises anciennes, (Qi Gong, Calligraphie, « Acupuncture ».,..), vers des principes de l'aïkido : Omoté/Ura, Ki no Nagare, …

Format, principe .

L'approche, l'étude et l'apprentissage de l'aïkido dit « traditionnel » n'ont pas la linéarité à laquelle nous sommes habitué. Par nature un art ne peut pas et ne doit pas se laisser enfermer dans des normes. L'idée de base est d'adapter le format écrit à ces caractéristiques : dans ces cahiers, ne cherchez pas des chapitres, sous chapitres et paragraphes numérotés, il n'y en a pas.
Entreprendre l'étude de l'aïkido c'est explorer des strates, n'en retenir et n'en comprendre que des fragments, revenir sur chacune d'elles, qui, comme autant de poupées russes emboitées les unes dans les autres, s'ingénient à nous apporter plus de questions que de réponses. J'ai également choisi de donner une place centrale à la découverte de la langue japonaise – dans sa spécificité d'écriture figurative - pour tenter d'accéder à une culture dans laquelle l'aïkido puise ses origines, culture que nous appréhendons, si nous n'y prenons garde, au travers de préjugés, de prismes déformant, d'idées reçues prises comme certitudes. Autant d'approximations qui sont des freins : l'étude de l'aïkido, ne supporte pas la simplification ou la vulgarisation, il faut oeuvrer en profondeur, et qui dit en profondeur voit facilement l'obscurité.


Pour remettre les choses à leur juste place!

L'AïKi ne peut se résumer,
En écrits ou paroles,
Sans dissertation inutile,
La compréhension viendra de la pratique.

Moriheï UESHIBA.

dimanche 10 mai 2009

L'aïkido se pratique.

waza.png "waza" 技, technique en japonais, est le titre de la nouvelle rubrique consacrée aux techniques d'aïkido mise en ligne aujourd'hui. Avant d'entrer dans le vif du sujet je livre à votre réflexion trois extraits du Tchouang-Tseu (chapitres 3b, 13i et 19g) puis, en conclusion un extrait de "Budo" du Fondateur de l'aïkido Morihei Ueshiba.

tchouangtseu.png

Le fonctionnement des choses.

Le cuisinier Ting dépeçait un boeuf pour le prince Wen-houei. On entendait des houa quand il empoignait de la main l'animal, qu'il retenait sa masse de l'épaule et que, la jambe arqueboutée, du genou l'immobilisait un instant.(...)
- C'est admirable ! s'exclama le prince, je n'aurais jamais imaginé pareille technique !
Le cuisinier posa son couteau et répondit : Ce qui intéresse votre serviteur, c'est le fonctionnement des choses, non la simple technique. Quand j'ai commencé à pratiquer mon métier, je voyais tout le boeuf devant moi. Trois ans plus tard, je n'en voyais plus que des parties. Aujourd'hui, je le trouve par l'esprit sans plus le voir de mes yeux. Mes sens n'interviennent plus, mon esprit agit comme il l'entend et suit de lui-même les linéaments du boeuf. Lorsque ma lame tranche et disjoint, elle suit les failles et les fentes qui s'offrent à elle. Elle ne touche ni aux veines, ni aux tendons, ni à l'enveloppe des os, ni bien sûr à l'os même (...) Quand je rencontre une articulation, je repère le point difficile, je le fixe du regard et, agissant avec une prudence extrême, lentement je découpe. (...). Mon couteau à la main, je me redresse, je regarde autour de moi, amusé et satisfait, et après avoir nettoyer la lame, je le remets dans le fourreau. (…)

La main trouve et l'esprit répond.

...] Le duc de Houan lisait dans la salle, le charron Pien tallait une roue au bas des marches. Le charron posa son ciseau et son maillet, monta les marches et demanda au duc : Puis-je vous demander ce que vous lisez ? - Les paroles des grands hommes, répondit le duc. - Sont-ils encore en vie ? - Non, ils sont morts. - Alors ce que vous lisez-là, ce sont les déjections des Anciens ! - Comment un charron ose t-il discuter ce que je lis ! répliqua le duc ; si tu as une explication, je te ferai grâce ; sinon tu mourras ! - J'en juge d'après mon expérience, répondit le charron. Quand je taille une roue et que j'attaque trop doucement, mon coup ne mord pas. Quand j'attaque trop fort, il s'arrête (dans le bois). Entre force et douceur, la main trouve, et l'esprit répond. Il y a là un tour que je ne puis exprimer par des mots, de sorte que je n'ai pu le transmettre à mes fils, que mes fils n'ont pu le recevoir de moi et que, passé le septantaine, je suis encore là à tailler des roues malgré mon grand âge. Ce qu'ils ne pouvaient transmettre, les Anciens l'on emporté dans la mort. Ce ne sont que leurs déjections que vous lisez là.

Le naturel et la nécessité.

Confucius admirait les chutes de Lü-leand. L'eau tombait d'une hauteur de trois cent pieds et dévalait ensuite en écumant sur quarante lieues. Ni tortues ni crocodiles ne pouvaient se maintenir à cet endroit, mais Confucius aperçut un homme qui nageait là. Il cru que c'était un malheureux qui cherchait la mort et dit à ses disciples de longer la rive pour se porter à son secours. Mais quelques centaines de pas plus loin, l'homme sortit de l'eau et, les cheveux épars, se mit à se promener sur la berge en chantant. Confucius le rattrapa et l'interrogea : "Je vous ai pris pour un revenant mais, de près, vous m'avez l'air d'un vivant. Dites-moi : avez-vous une méthode pour surnager ainsi ? - Non, répondit l'homme, je n'en ai pas. Je suis parti du donné, j'ai développé un naturel et j'ai atteint la nécessité. Je me laisse happer par les tourbillons et remonter par le courant ascendant, je suis les mouvements de l'eau sans agir pour mon propre compte. - Que voulez-vous dire par : partir du donné, développer un naturel, atteindre la nécessité ?" demanda Confucius. L'homme répondit : "Je suis né dans ces collines et je m'y suis senti chez moi : voilà le donné. J'ai grandi dans l'eau et je m'y suis peu à peu senti à l'aise : voilà le naturel. J'ignore pourquoi j'agis comme je le fais : voilà la nécessité".

Trois textes qui décrivent des aspects de l'apprentissage.

Notre activité a deux régimes : le «céleste» et l’ «humain». Tchouang-tseu range dans la catégorie du «céleste» ceux de nos actes qui sont à la fois efficaces et spontanés, dans celle de l’«humain» ceux qui sont voulus et calculés, et par conséquent moins efficaces, voire inefficaces ou malencontreux. Quand l'acte est « du ciel », il résulte spontanément de la conjonction de toutes les facultés et de toutes les ressources qui sont en nous, de celles que nous connaissons aussi bien que de celles qui nous sont cachées. L’acte est, en ce sens, entier. Il est nécessaire en ce qu’il résulte d’une nécessité que nous ne contrôlons pas. Quand l’acte est « de l’homme », par contre, il n’est ni spontané, ni entier, ni nécessaire.» On ne peut pas faire abstraction de l’ humain en nous. L’homme pratiquera donc simultanément une activité «de l’homme» (calculée, prudente) et une activité «du Ciel» (spontanée et nécessaires)

Voir à ce sujet l'article "la voie du juste milieu" rubrique Do

Les stades de l'apprentissage.

  • Comme le cuisinier Ting, le débutant ne sait pas par où commencer tant la tâche semble ardue et pétrie d'inconnues. Il faut se familiariser avec des gestes de base, réussir à coordonner ses mouvements,....

« Quand j'ai commencé à pratiquer mon métier, je voyais tout le boeuf devant moi »-

  • Au bout d'un certains temps, le débutant pourra devenir plus exigeant sur le résultat de chacun des gestes en conformité avec le modèle qu'il a sous les yeux

« Trois ans plus tard, je n'en voyais plus que des parties. ». .

  • Il faut observer et expérimenter par soi même, explorer toutes les composante du geste.

« Ce qui intéresse votre serviteur, c'est le fonctionnement des choses, non la simple technique. ».« Aujourd'hui , (…) Mes sens n'interviennent plus, mon esprit agit comme il l'entend et suit de lui-même les linéaments du boeuf. ». I

  • Même lorsque l'expérience est très grande, il n'en demeure pas moins qu'il faut revenir à la technique

« Quand je rencontre une articulation, je repère le point difficile, je le fixe du regard et, agissant avec une prudence extrême, lentement je découpe. »

Parfois après avoir exécuté une technique ne nous est-il pas arrivé de réagir comme le cuisinier Ting qui, sa tâche accomplie, "se redresse, son couteau à la main, et regarde autour de lui, amusé et satisfait" ?

Le caractère intransmissible du geste

Comme le charron, il y a des "tours que nous ne pouvons pas exprimer par des mots". Nous ne pouvons même pas les transmettre du tout. Comment par exemple expliquer oralement ou par écrit comment faire du vélo ? Nous avons fait la conquête de se savoir faire par nous même en affrontant toutes les difficultés initiales. Par approximations successives "La main trouve" et "l'esprit répond", il enregistre les résultats et tire peu à peu le geste efficace.
Le véritable savoir-faire est paradoxalement intransmissible, le maître "senseï" 先生 ,qui est "celui qui est né avant" c'est à dire "celui qui a expérimenté avant", ne pourra que guider l'apprenti, pour l'aider à comprendre ses erreurs et en tirer plus rapidement des leçons. On comprendra mieux le dédain exprimé par le charron Pien vis vis des livres "les déjections des anciens", point de vue largement partagé dans les arts traditionnels de tous les horizons géographiques.

L'action spontanée comme aboutissement d'un exercice méthodique.

Une fois encore, l'homme dont il est question fait preuve d'une grande maîtrise qu'il ne peut pas expliquer :
« Dites-moi : avez-vous une méthode pour surnager ainsi ? - Non, répondit l'homme, je n'en ai pas. »
« Je suis parti du donné, ». C'est à dire ce qui était au départ.
«  j'ai développé un naturel et j'ai atteint la nécessité. » L'art, dit en substance le nageur, consiste à faire fond sur ces données là, à développer par l'exercice assidu un naturel qui permet de répondre aux courants et aux tourbillons, autrement dit de nager de façon nécessaire.

Une voie vers l'autonomie.

On notera que dans les trois cas, un homme est absorbé par l'exercice de son art, il s'exprime avec peu de mots, de façon concise. Il n'a rien à prouver, la démonstration qu'il vient de faire est suffisante. Tchouang-tseu propose des situations totalement improbables dans la chine de l'époque : qui est un artisan, qui est un homme du peuple, et s'adresse a des souverains fameux dans les deux premiers cas et à Confucius dans le troisième. La maîtrise de leur art leur a donné aux trois une complète indépendance et une parfaite lucidité.

Budo, les enseignements du fondateur de l'Aïki-do.

P4-2.jpgLes six préceptes écrits par Me Ueshiba dans le début des années 30 sont repris dans cet ouvrage.
Au Point 4 « précautions à prendre pour l'entrainement » Me Ueshiba nous dit : « L'instructeur ne peut communiquer qu'une petite partie du savoir : ce n'est que par un entrainement incessant que vous obtiendrez l'expérience nécessaire pour pénétrer les mystères. Votre étude désormais ne doit pas chercher à retenir un grand nombre de techniques diffrentes. Une par une appropriez vous chacune d'elle. »
En conclusion du premier chapitre on peut lire : « chacune des explications est l'essence des dix mille techniques. Toutes les techniques martiales viennent des mêmes principes premiers. Bien sûr, l'ensemble des détails de la stratégie et de la nomenclature technique ne peut pas être traité dans les livres. »

Ressources.

lecon_sur_tchouang_tseu.gif Leçons sur Tchouang-Tseu.
il s'agit d'une introduction au philosophe chinois Tchouang-Tseu, mort sans doute vers 300 av. J-C. Un auteur réputé très difficile, parfois même incompréhensible. Comment donc, dit en substance Jean-François Billeter, cette prétendue illisibilité est surtout affaire de préjugés et de paresse : les traductions sont mauvaises et les auteurs qui ont écrit depuis toujours sur Tchouang-Tseu l'ont fait pas tant à partir de la source que des écrits d'un certain Kouo Siang mort lui en 310 de notre ère et qui constituent un affadissement, voire même un détournement de la pensée de Tchouang-Tseu. Fort de ces intuitions, Jean François Billeter est reparti du début. Ou plus exactement c'est en fréquentant la source, en traduisant divers passages pour son plaisir et pour en discuter avec un ami, que petit à petit, il s'est rendu compte des multiples trahisons dont Tchouang-Tseu faisait l'objet. Il a donc repris le texte, il en a retraduit des passages entiers et est parti de cette idée très simple qu'un philosophe écrit à partir de son expérience propre. Que donc Tchouang-Tseu interrogeait son expérience, la plus simple, la plus proche et qu'il fallait essayer de comprendre laquelle. Le propos et la démarche de l'auteur sont lumineux : un montage de quelques textes retraduits (au demeurant de toute beauté !), avec une gradation, pour faire comprendre comment procède Tchouang Tseu et ce qu'il dit de l'expérience de la vie, de l'apprentissage d'une tâche, de l'attitude de l'homme vis-à-vis de l'activité, etc. On part du très concret, un boucher dépeçant un boeuf et l'on vient au plus profond de la tradition chinoise avec le secret de l'autonomie.
Les explications concernant les choix de traduction sont un véritable régal. Vous pouvez vous procurer cet ouvrage (pour à peine plus de 6 euros) édité dans l'excellente collection Allia chez tous les grands distributeurs, mais je vous invite à privilégier des circuits plus "artisanaux" deux librairies également sur sur le Web:
A Lyon : Librairie Cadence
A Paris : Librairie Le phénix.
Concernant l'oeuvre de Tchouang-Tseu :
Philosophes taoïstes "la pléiade" : Sont réunis Tchouang-Tseu, Lao-Tseu et Lie-Tseu. Abord assez difficile, peu d'explications.
Sur le web, http://fr.wikisource.org/wiki/Œuvre_de_Tchoang-tzeu : traduction de L Wieger; La encore aucune explication. On pourra faire un comparatif avec la traduction de F Billeter.